Hapsatou Sy, jeune entrepreneuse orléanaise

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Jeune, belle et intelligente… À 31 ans, la jeune femme d’origine sénégalaise a créé et mis en place un nouveau concept beauté. Elle est déjà à la tête d’une dizaine d’espaces beauté parisiens et de plusieurs adresses en province. Edith la rencontre dans son enseigne orléanaise.

Hapsatou a souhaité s’adresser à toutes les femmes pressées quelles que soient leurs origines, d’où le nom de sa franchise : Ethnicia. Un concept ramené de New York, et qui a la particularité de réunir 7 métiers dans un même lieu. Ayant fondé son entreprise sur des valeurs de partage et de respect, Hapsatou a ouvert des salons qui allient raffinement et convivialité. Ce sont des femmes qui sont aux commandes, et pas n’importe lesquelles : des femmes en reconversion, par choix ou suite à des bouleversements, mais avant tout motivées et bosseuses.

Edith Mag : Vous êtes issue d’une fratrie de 8 enfants. Vous n’avez pas suivi les pas de votre mère ?
J’ai toujours vu ma mère très active. En Afrique, ce sont les femmes qui « tiennent » le continent, elles organisent leur quotidien et commercent entre elles à travers des Tantines.

Edith Mag : D’après vous, y a-t-il un avantage à être une femme quand on veut créer sa société ?
Je pense que les hommes et les femmes sont égaux dans l’entreprenariat. On prend l’avantage parce que les hommes ne se méfient pas de notre côté négociatrice, ils ne s’imaginent pas non plus comme l’on peut être déterminée. Ce qui change aujourd’hui, c’est le choix des femmes d’assumer leurs responsabilités et de revendiquer le droit de laisser les enfants à la maison pour aller travailler.

Edith Mag : Comment vivez-vous les relations homme / femme en tant que jeune chef d’entreprise ?
Je rencontre des femmes formidables qui sont chefs d’entreprise : il y a une vraie connivence entre nous. Les hommes sont parfois un peu paternalistes. Mais après, tout est question de personnalité.

Edith Mag : Vous faites attention à votre tenue ?
Aujourd’hui, j’ai laissé ma petite robe branchée pour un tailleur pantalon d’un créateur que j’aime beaucoup parce que ce soir, je suis reçue à l’Elysée par le Président. Je fais partie d’un groupe de 20 jeunes entrepreneurs qui participent à une réflexion au G 20 Yes (Young Entrepreneur Summit). Ce soir, il y a cinq entreprises qui sont représentées et nous sommes deux femmes. C’est assez équilibré, car le but est de participer à une réflexion devant aboutir à des propositions qui permettront d’aider les jeunes à devenir entrepreneurs.

Edith Mag : Votre objectif, c’est 100 salons ouverts par 100 femmes. Pourquoi ?
Il y a cinq ans, quand j’ai créé mon concept, j’ai découvert des chiffres sur l’entreprenariat qui m’ont fait frémir. Très peu de femmes sont à la tête de sociétés, mais on a aussi notre part de responsabilité. On doit se prendre en main et arrêter d’accepter de rester à la maison. D’ailleurs, de plus en plus d’hommes veulent des femmes indépendantes, ils se valorisent à travers la réussite de leur épouse. Le premier qui m’a fait confiance alors que je n’avais que 24 ans, c’est un homme : le propriétaire des murs de mon premier salon, sur l’île Saint-Louis…