Térésa met en scène son combat contre Parkinson

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Mexicaine, Térésa partage son temps entre Mexico et Orléans. La belle énergie de cette quinqua à l’accent ensoleillé ne la trahit pas, pourtant elle se bat contre la maladie de Parkinson.  Marie-Zélie CUPILLARD

 

Si l’essentiel de son temps Térésa habite à Mexico, son cœur est toujours un peu en France. En effet entre 2000 et 2002 elle est venue s’installer à Olivet avec ses trois enfants, une pause nécessaire dans sa vie personnelle et l’occasion pour elle de tomber amoureuse de notre région. « À Orléans je me ressource avec mes amis, c’est comme une vitamine ».

Quand elle ne séjourne pas dans sa maison d’Orléans, Térésa organise des spectacles et des comédies musicales dans l’école Carol Baur. Cette école a été fondée par sa mère en 1969. Un établissement de renommée internationale, reconnu par l’Unesco et les Nations Unies, sa particularité est d’être ouvert sur les échanges linguistiques et culturels avec tous les continents. À l’issue de leur cursus, les élèves sont trilingues. Térésa est la directrice de la section pour les élèves de 2 à 6 ans : c’est elle qui choisit et monte les spectacles et les comédies musicales de fin d’année : Roméo et Juliette, les 3 Mousquetaires, Mozart l’opéra Rock… Elle est aussi l’auteur de trois ouvrages consacrés à l’éducation émotionnelle des enfants. Si Térésa est aujourd’hui une femme libre et indépendante, depuis cinq ans elle doit faire face à la maladie évolutive, qu’est Parkinson. C’est un combat quotidien, qu’elle mène avec comme objectif de limiter l’utilisation des médicaments : « je prends sept médicaments par jour, pour me stabiliser, mais je refuse les médicaments trop addictifs ». Sa démarche consiste à mieux connaître son corps et son histoire à travers l’expression artistique « connaître sa maladie c’est la guérison et retrouver la joie de vivre » lui a soufflé sa fille.

L’art comme thérapie

Si elle connaît des hauts et des bas, elle puise aussi son énergie dans les parcours inspirants de ses héroïnes à l’instar de de la poétesse mexicaine du XVIIe siècle Juana de la Cruz, devenue nonne pour accéder aux livres et à l’écriture, elle ira jusqu’à se travestir en homme pour étudier à l’université de Mexico, à l’époque interdite aux femmes. Térésa prépare un spectacle, seule en scène, qu’elle a écrit « No Parking Zone ». Accompagnée d’un chorégraphe, Térésa partage son expérience dans sa recherche de soi et sa lutte contre l’utilisation des médicaments comme unique solution de guérison. « J’apprends à mon corps à danser, à chanter, à bouger quotidiennement et cela me reconstruit jour après jour ». Elle a imaginé une métaphore de son cerveau, comme un voyage : « Et j’ai ressenti une belle sensation de paix, quand mon professeur de danse m’a dit : ta maladie est à moi comme ma danse est à toi ». Son spectacle devrait voir le jour à Orléans en avril 2019 à l’occasion de la journée mondiale Parkinson.