Tout va bien ou tout va mâle ?

Le 8 mars, journée de la femme… J’entends déjà des lourds dire qu’il faut garder patience, que ça ne dure que 24 heures.

En fait, l’appellation exacte est “La journée internationale pour les droits des femmes” et la nuance est importante, car il ne s’agit pas d’un jour de fête où serait célébré l’avènement des chromosomes XX, mais plutôt d’un jour d’action permettant de vérifier si ces derniers ont un destin XXL.

Bref, l’occasion de faire un état des lieux, une sorte de contrôle parité à défaut d’un contrôle qualité.

Des avancées indéniables ont été accomplies durant les dernières décennies. Pour rappel : le droit de vote, qui date de 1945, ou encore le droit de chéquier bancaire, qui verra le jour vingt ans plus tard, en 1965, libérant ainsi le pouvoir d’achat de la femme et donnant leurs lettres de noblesse aux soldes (CQFD).

Les années finissant en 5 ont contribué à une avancée significative pour les droits de la femme, car c’est en 1975 que fut promulguée la loi Veil, loi fertile en liberté qui autorisa enfin le recours à l’IVG.

Mais, depuis 1977, date de l’officialisation de cette journée par les Nations Unies, de quels repères marquants dispose-t-on ?

Rien de fort ne me vient à l’esprit. Pas le salaire en tout cas. Pour des conditions de travail identiques, l’écart-type des rémunérations est de 20 % en faveur de l’homme. On peut même pousser le raisonnement plus loin : dans le milieu du cinéma, certains des plus gros cachets ont été donnés à Robert Downey Jr, avec un total de 75 millions de dollars de gains sur la période 2012-2013, alors que son alter ego féminin (Angelina Jolie) touchait dans le même temps 33 millions, soit moins de la moitié. Dans le foot professionnel, c’est astronomique : un célèbre Brésilien jouant en France touche 60 millions d’euros annuels alors que la joueuse la mieux payée de ligue 1 plafonne à un peu plus de 50 000 euros. UN ÉCART DE X 1 200 !

Et l’on parle de pays privilégiés, car nombreux sont ceux où la femme n’a pas encore le droit de travailler…

Que dire des violences annuelles dont sont victimes les femmes ? Chaque année, en France, sont recensés plus de 150 000 actes physiques et plus de 30 000 agressions sexuelles. Là encore, ce sont aussi les chiffres qui frappent.

Malgré cette journée, on voit que ce chemin pavé de bonnes intentions reste sinueux pour les femmes, qu’il y a urgence pour le sexe prétendu fort à faire couilles et profil bas pour qu’ensemble nous fassions preuve de créativité afin que de nouvelles dates symboliques éclairent la route.

Je ne voudrais pas fayoter, mais une citation de femme disait : « La femme sera vraiment l’égale de l’homme le jour où, pour une fonction importante, on désignera une femme incompétente. » OK, c’est peut-être exagéré, pas sûr qu’elle ait tout à fait raison, mais en tout cas, parole d’homme, elle a eu le “clito” de le dire.