Un jardin ça fait du bien !

Jardin-EDITH

Ah, le pouvoir des fleurs… Elles promettent des efforts certes, mais du réconfort surtout : créer et entretenir un espace végétal aide à rester en forme et à garder le moral. Les études le montrent, l’observation personnelle aussi. Rien que le fait de se promener au vert fait du bien. Alors, imaginez, quand en plus on prend la bêche et le râteau ! Car travailler au jardin, c’est s’adonner à une vraie et saine activité physique, au calme. C’est aussi parfaire ses connaissances dans de nombreux domaines. C’est, enfin, développer sa vie sociale. Du moins, quand on ouvre les portes de notre petit carré secret…
Sébastien Drouet

Aujourd’hui, 80 % des Français vivent en ville, contre 53 % au sortir de la guerre. Dans le cadre de cette urbanisation croissante, le besoin d’un retour à la nature se fait vif. On peut choisir les longues randonnées à la campagne, mais, quand on a la chance de pouvoir le faire, on peut aussi mettre les mains dans la terre et choisir le jardinage, dont les bienfaits sont multiples. D’ailleurs, beaucoup en sont conscients : le jardinage est la deuxième activité physique la plus pratiquée en Europe, après la marche et avant la natation et le vélo !

Un vrai sport

« Soigner le jardin soigne aussi le jardinier », dit le proverbe. Quels sont donc les bienfaits du jardinage ?

Ils sont physiques, d’abord, par la multitude d’efforts et de mouvements qui sollicitent l’ensemble du corps, ce qui développe la force et l’endurance. Ramasser des feuilles et bêcher, ça fait les muscles ! Ne serait-ce que retourner une parcelle de 5 m2 revient à soulever entre 540 et 900 kg de terre. Quant à la taille et et au désherbage, ce sont autant d’exercices d’assouplissement. Et tondre un terrain de 200 m2 fait marcher 20 km par an au rythme de la tondeuse… Attention tout de même, nous l’avons dit, c’est une activité physique. Il convient donc de s’y préparer en s’échauffant les bras, les jambes et le cou afin d’éviter les courbatures, de ne pas exagérer les positions prolongées, d’utiliser des outils appropriés et adaptés, ainsi que des protections (gants, genouillères, ceintures, chapeaux), de ne pas remuer de charges trop lourdes d’un seul coup (pitié pour le dos !), de bien plier les genoux pour les charges au sol. Un vrai sport ! « L’exercice du jardinage améliore la coordination des mouvements, la dextérité, aide à une meilleure digestion, facilite le transit, semble prévenir le cancer du côlon, et a une action positive sur l’ostéoporose », assure, se basant sur des études scientifiques, François Renouf de Boyrie dans Le jardinage, source de bien-être.

Ce n’est pas tout : le jardinage, encore lui, réduit de moitié les maladies cardio-vasculaires, soulage l’arthrose et diminue les risques de dépression. Car il a des effets immédiats sur notre psychisme…

Bon sens et entraide

Cultiver son jardin, au calme, est une activité qui nous dégage d’un environnement stressant. Elle fait chuter les tensions intérieures. Elle diminue la tension artérielle et soulage la tension musculaire. Elle stimule et aiguise tous les sens, fait progresser la créativité (car il en faut pour imaginer son jardin, prévoir les récoltes, agrémenter sa parcelle), et améliore la confiance en soi : comment ne pas être fier de sa production ? Bref, le jardinage est un facteur indiscutable de bien-être. Sans oublier qu’il nous synchronise avec le rythme de la nature et, à condition de le pratiquer très régulièrement, voire intensément, remet à l’heure notre horloge biologique malmenée par les cadences infernales ! « Biologique », un terme qui s’impose : les produits phytosanitaires disparaissent de plus en plus, au bénéfice d’un jardinage bio dans l’air du temps, on l’espère définitivement. Car traiter, c’est déséquilibrer.

Justement, le jardin recèle d’autres bienfaits, gages d’équilibre. Bienfaits sociologiques, par exemple. Le jardin est un espace de rencontres et d’échanges, le jardinage, une activité partagée qui développe la connaissance de l’autre, la transmission des savoirs, l’entraide. « Les jardiniers sont des gens sympas, déclare Catherine Secq (lire son témoignage plus loin). Ils sont humbles, simples, heureux d’aider. Pour débuter, je conseille aux gens de se rapprocher des associations, ou même des voisins. Tout le monde est content de donner des boutures, des graines. »

Le jardin est un espace de rencontres et d’échanges.

Dans les jardins familiaux règne la mixité, qu’elle soit sociale, générationnelle, culturelle… « On a des Laotiens, des Maghrébins, des Portugais, des Anglais, un couple de Russes, on a même eu des Américains, s’exclame Jean-Claude Ferail, secrétaire de l’AOJOF (lire l’encadré). Les gens ramènent de voyage des variétés qu’on ne connaissait pas. On a découvert la courge du Maroc. J’en fais moi-même maintenant… »

Le jardinage, permet aussi, après quelques petits investissements, de réaliser de substantielles économies en récoltant ses propres légumes bons à consommer, eux-mêmes socles d’une alimentation saine et diversifiée. C’est enfin une pratique qui enrichit ses connaissances : agriculture, botanique, météorologie, entomologie…

Le jardinier, non seulement sportif, est un puits de science !

Le saviez-vous ?
En France, 90 % des foyers possèdent un espace de jardinage, que ce soit jardin (500 m2 en moyenne, 38 % d’entre eux avec potager), terrasse, balcon ou rebord de fenêtre.

Le jardin familial, une solution économique
425 jardins familiaux sont répartis sur 13 sites de la Métropole, occupant une surface totale de 12 hectares (bientôt plus, un autre site devant être inauguré prochainement à Semoy et 8 nouvelles parcelles créées à Saint-Pryvé). La demande est forte : l’Association orléanaise pour les Jardins ouvriers et familiaux (AOJOF, née en 1904) qui les gère, sous la présidence de Brigitte Barrière, ne peut guère satisfaire que 40 nouveaux jardiniers chaque année, à qui sont attribuées, à partir du 1er novembre, pour un an renouvelable indéfiniment ou presque et moyennant une redevance annuelle de 100 à 150 € (en fonction de la surface du terrain et sans compter le prix de l’eau), des parcelles dont leurs prédécesseurs ne s’occupaient plus ou mal selon l’association.

« Nous offrons des parcelles beaucoup plus grandes que dans les jardins partagés gérés par des groupes d’habitants, explique Jean-Claude Ferail, secrétaire et ancien président de l’AOJOF. Quelqu’un qui veut nourrir sa famille a plus d’intérêt à choisir un jardin familial. » Car c’est le but premier : récolter des légumes (même si les fleurs y ont droit de citer, bien sûr). « Il y a beaucoup de retraités, qui ont du temps libre, mais nous recevons de plus en plus de demandes d’actifs ou de femmes seules. » Au-delà d’un intérêt économique, « c’est l’attrait de la nature, du plein air, de la découverte des légumes dont on connaît la provenance et la manière dont ils sont cultivés ! » D’ailleurs, les produits phyto sont interdits dans les jardins familiaux d’Orléans depuis le 1er janvier dernier.

www.aojof.com

Un bon plan(t)
Au-delà des échanges de graines avec les amis, les voisins, on peut aussi se rapprocher de la médiathèque de Saint-Jean-de-la-Ruelle, où est mise en place une grainothèque. Les gens qui ont des graines de fleurs, légumes, fruits, aromates en trop les déposent, et n’importe qui peut en prendre.
02 38 79 03 60

Témoignage
Quand Catherine jardine
« J’ai longtemps habité à Neuville-aux-Bois, dans une maison avec un jardin de 2 000 m2 ; mais c’était devenu trop grand. Avec mon mari, nous résidons actuellement dans un appartement du centre-ville d’Orléans, avant d’emménager bientôt dans notre nouvel appartement qui est en cours de construction, et où il y aura un jardin de 300 m2 ! C’est la première chose dont je me suis occupée sur le plan : le jardin. J’ai besoin de cet environnement de verdure. Le jardin, c’est ma source d’équilibre.

Ingénieure agricole ayant fait ma carrière dans l’horticulture, retraitée depuis peu, j’ai commencé à me passionner pour les fleurs et les plantes quand j’ai débuté professionnellement. Je travaillais en Région parisienne autrefois… Avec les voitures, les bouchons, la pollution, le métier à responsabilités, tout ce stress… Quand je revenais chez moi, j’avais besoin de ces retrouvailles dans ce jardin où je me sentais bien. Il y a une relation très affective avec son jardin quand on le fait soi-même. On y plante souvent des végétaux qu’on nous a offerts, on les voit grandir… On y met beaucoup de soi. Je trouve qu’un jardin ressemble à son créateur. Quelqu’un avec du tempérament aura un jardin avec des couleurs vives, des formes tranchées, quelqu’un de romantique aura des massifs très ronds, quelqu’un de rigide aura plus de lignes. Mais l’important est de mettre la bonne plante au bon endroit, pas de fougères ou d’hydrangeas en plein soleil par exemple. Les plantes doivent se sentir bien. Vous ne ressentirez pas de bien-être si elles souffrent… »