VINCENT GUIDAULT CHEZ LUI DANS LA DEMEURE DE RONSARD

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PASSIONNÉ PAR LA TRANSMISSION DU SAVOIR, L’ANCIEN GUIDE PASSÉ PAR UNE FORMATION DE PROF DIRIGE DEPUIS PLUS DE QUINZE ANS LE PRIEURÉ DE SAINT-COSME, HAUT-LIEU DU PATRIMOINE TOURANGEAU.

C’est dans l’ancien réfectoire du milieu du XIIe siècle, bombardé en 1944 et restauré à partir de 1947, que le responsable du Prieuré de Saint-Cosme a installé, provisoirement, son bureau. Au plus près de l’exposition du photographe Georges Rousse, qui va créer l’événement pendant toute la haute saison touristique et que Vincent Guidault, pour l’heure, est en train de préparer avec son équipe. Depuis qu’il est aux manettes du monument connu comme la « demeure de Ronsard » – et qui est pourtant bien plus que cela – l’ancien guide a imposé, en douceur et avec l’aval de sa hiérarchie (le Prieuré étant propriété du Département), l’art contemporain entre les murs vénérables : « Je sais que les gens se tournent plus facilement vers l’art figuratif. L’abstraction est plus difficile. C’est pour cela qu’il faut des propositions qui alternent. Et cela nous démarque : il y a très peu d’endroits comme celui-ci dans l’agglo. » L’ambiance était très différente à son arrivée, en 2000… « Après avoir travaillé à Loches, au donjon et au logis royal, on m’a proposé un poste d’animateur responsable dans cet édifice que je ne connaissais pas très bien. Il a fallu que je m’approprie le site, que je relève un défi. » Surtout qu’il n’y avait pas grand monde pour lui transmettre le flambeau ; Vincent a donc dû apprendre seul, endosser la charge d’un Prieuré alors célèbre pour son jardin de roses, « à l’opposé de ce que Ronsard a connu quand il était ici », précise le spécialiste qui a rédigé, dès le début, un vaste projet global pour ce lieu… Projet qui prévoyait de revoir l’ensemble de la muséographie. Même s’il reste encore des choses à réaliser, le Prieuré, qui a rouvert ses portes en mars 2015 après deux ans de travaux, correspond à l’idée que s’en faisait son jeune dirigeant il y a déjà plus de quinze ans…

www.prieure-ronsard.fr

Un œil expert

S’il aime visiter d’autres sites en Touraine ou à proximité, Vincent Guidault n’en reste pas moins un visiteur différent des autres, toujours attentif aux détails. Ses lieux de prédilection ? Chaumont, Fontevraud, la Vallée du Loir – où Ronsard est né – et la confluence Loire/Vienne, le plus beau paysage selon lui.

Visiteurs aux abonnées présents

Près de 30 000 curieux franchissent chaque année l’accueil du Prieuré. « Nous n’avons pas d’objectif en nombre d’entrées, précise Vincent Guidault. C’est un endroit de taille modeste, nous ne pouvons pas lutter avec les grandes machines. Mais nous prenons le temps avec le public, les scolaires, les familles. Il y a une certaine quiétude…

Monastère, lieu ouvert

« Les monastères, autrefois, n’étaient pas des lieux fermés : beaucoup de pèlerins venaient, on expérimentait beaucoup de choses. Nous reproduisons ici ce qui se pratiquait à la Renaissance, quand les rois allaient chercher les grands artistes contemporains. Les deux se nourrissent »

D’autres sons de cloches

Pour faire revenir le public, ou en attirer un nouveau, Vincent Guidault a noué un partenariat avec… le Temps machine. Un pianiste a été accueilli ici dans le cadre d’une résidence d’artiste, suivie d’un concert plein à craquer. De la danse contemporaine a aussi été au menu, avec un spectacle à 5 h 30 du matin !

Bio Express

11/09/1974 : naissance à Châtellerault

1996 : maîtrise de géographie à Tours, qui sera suivie du Capes et d’un premier emploi de guide à Loches

JANVIER 2000 : arrivée au Prieuré

JUILLET 2010 : Zao Wou-Ki inaugure ses vitraux, ce qui donne un coup de projecteur sur le lieu

MARS 2015 : réouverture du Prieuré