Wonder women

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Le pouvoir est unisexe. Il ne s’habille plus seulement en costard-cravate étriqué et chemise blanche. Il ne sent pas uniquement l’after-shave au réveil et les dessous de bras en fin de journée. Ken n’en est plus l’unique représentant. Le pouvoir porte aussi sa panoplie Barbie. Talons, tailleurs, rouges à lèvres et fards à paupière. Le pouvoir ne bombe pas seulement le torse, il pointe aussi les seins et roule des fesses. Depuis que les femmes s’intéressent au pouvoir, le monde ne sent plus l’amertume du mâle dominé ni la rage de vaincre du killer dominant. Il sent bon le parfum de la femelle doucement conquérante. N’en déplaise aux hommes : depuis que les Affaires sont devenues une affaire de femmes et que les femmes au foyer sont devenues des femmes d’affaires, le monde tourne moins autour du nombril des mecs. Et c’est tant mieux. Car les femmes ne sont pas des hommes comme les autres.

Parce qu’elles sont des mères potentielles, parce qu’elles enfantent l’univers et le portent dans leur ventre, elles en sont responsables. Elles ne briguent pas le pouvoir pour le pouvoir. Ambition au féminin rime avec bien commun. Sans égoïsme, ni individualisme. La femme ne roule pas pour elle mais pour ses enfants, ses petits-enfants, sa progéniture – les générations futures. La femme ne divise pas pour mieux régner, elle rassemble, prend sous sa coupe, protège sous son sein. Elle cajole. La femme n’est pas un loup pour l’homme mais une louve qui rassure et assure la marche paisible de l’Histoire. Elle voit loin, plus loin. S’accomplir pour mieux accomplir. Politique, grandes entreprises, PME, reines, ministres, PDG, DRH, la femme est partout. Sur tous les fronts. Au boulot comme à la maison. La famille est son monde, le monde est sa famille. Elle y impose son sens pratique des choses, son ouverture, sa paix, sa force tranquille. Car le pouvoir de ces Déesses-Mères, c’est d’avoir le pouvoir ultime, absolu, là où les hommes sont finalement si peu de chose… le pouvoir de la Vie