Le magazine féminin des Orléanaises (depuis 2010)

Ateliers d’écriture : chacun cherche son style

Les ateliers d’écriture fleurissent un peu partout. Bien sûr, Orléans Métropole n’a pas échappé à ce phénomène qui voit se regrouper des passionnés, des femmes en grande majorité, heureux(ses) d’écrire sous une contrainte libératrice et de partager leur production. Deux raisons parmi d’autres de ne pas rester seul(e) dans son coin avec son cahier. Sébastien Drouet

Assis dans le petit amphithéâtre du Muséum en cours d’aménagement, et qui renaîtra fin 2019 sous le nom de Muséum d’Orléans pour la Biodiversité et l’Environnement (MOBE), les participants – participantes surtout – de l’atelier d’écriture organisé ce 14 février par Libre de Mots laissent courir leur stylo sur leur cahier de notes. Après avoir lu un extrait du Lion, de Joseph Kessel, histoire de créer une ambiance, Sophie Gonzalbes, qui conduit ce stage de quatre séances – les suivantes auront lieu dans d’autres musées –, a invité ces passionnés d’écriture à faire œuvre d’imagination, mais dans un cadre précis. La consigne ? « Vous vous réveillez, seul(e), dans le musée. Racontez vos impressions. » Inspirés par les lieux, au voisinage d’un fauve, d’une hyène et de flamants roses empaillés, les stagiaires ne se feront pas prier pour jeter sur le papier leur histoire inédite, souvent poétique et drôle ; les autres riront souvent à leur écoute. Car – et ce n’est pas le moindre des plaisirs ni la moindre des appréhensions, même si personne n’y est obligé – il s’agira de lire son texte à l’assistance.

Marie-Noël, 64 ans, s’est inscrite à ces ateliers « gratuits et sans prérequis », comme il est précisé sur le site web de l’association Libre de Mots, pour s’abreuver de vocables et progresser. « C’est une première pour moi, j’ai d’ailleurs mis beaucoup de temps avant de me décider, reconnaît-elle. Mais, comme j’ai quitté l’école très tôt, je ressens le besoin d’enrichir mon vocabulaire. »

Auteurs à la hauteur

C’est une toute autre démarche qui anime Dominique, professeur de lettres au lycée Voltaire, participante assidue, depuis cinq ans, des ateliers mis en place par l’association abraysienne Tu connais la nouvelle. « Je cherche à entrer dans le laboratoire des écrivains », dit-elle. Car l’une des particularités de Tu connais la nouvelle est de faire travailler des auteurs, des vrais, déjà publiés (Frédéric Forté, Tanguy Viel, Stéphane Michaka, Chris Simon…) : ce sont eux qui animent les ateliers (12 ⇔ la séance ou 60 ⇔ les 6), qui se déroulent selon l’ordre suivant : consigne, écriture, puis lecture en public pour finir – c’est le même schéma un peu partout. « C’est le principe de la master class, explique Aline Baudu, animatrice de l’association. Aux États-Unis, après la guerre, il fallait donner du boulot aux auteurs. C’est né dans les facs, ce sont de vrais cours là-bas. Mais c’est standardisé, on y enseigne une méthode. Nous, nous ne recherchons pas cela. Ce ne sont pas des cours d’écriture. Nous souhaitons que chacun trouve sa voie, son style. » Sous le regard attentif et bienveillant d’un auteur… « Ce qui m’intéresse, c’est d’écrire avec des écrivains, ajoute Dominique. J’avais envie d’être élève des auteurs, de poursuivre ainsi une réflexion sur la littérature. »

Pas une thérapie

Chez Tu connais la nouvelle, les publics sont différents selon le moment de l’atelier : personnes plutôt âgées, ou du moins retraitées, l’après-midi, salariés qui ont moins de temps et n’écrivent pas en-dehors, le soir. « En général, c’est une activité plutôt féminine, précise Aline. Les motivations sont différentes : certaines personnes viennent s’amuser, d’autres veulent partager, d’autres sont attirées par certains sujets ou écrivains… » Mais pas de « psychanalyse » ici : « On peut vouloir sortir des choses, admet Aline. Il y a l’art-thérapie pour cela, et dans ce cas, j’oriente les gens vers ces ateliers-là… »

Conclusion ? L’écriture, votre serviteur est bien placé pour le savoir, c’est du plaisir à tous les étages. Du plaisir pour soi, et pour les autres aussi, lorsqu’ils deviennent auditeurs ou lecteurs. D’ailleurs, la production des stagiaires de Libre de Mots sera lue lors de la prochaine Nuit des musées, le samedi 20 mai, tandis que les textes écrits par les participants de Tu connais la nouvelle seront publiés dans un recueil. Le partage, dans ce domaine aussi, est un maître mot.

Libre de mots,
2, place de République 45000 Orléans
06 87 43 06 43 ou 06 19 94 71 19
libredemots.com

Tu connais la nouvelle,
12, rue de la République,
45800 Saint-Jean-de-Braye
02 38 21 93 23
www.tuconnaislanouvelle.fr

Mot à mot, médiathèque Anna Marly,
61-65, rue Charles Beauhaire, 45140 Saint-Jean-de-la-Ruelle
02 38 79 03 60

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