Le magazine féminin des Orléanaises (depuis 2010)

Blondes : rencontre avec un mythe et des réalités

Brune, rousse ou blonde, la chevelure est sans doute l’un des éléments essentiels de notre féminité. Il y a un langage des cheveux, qui affirment une personnalité ou une appartenance sociale. S’ils sont courts, noués ou détachés, brillants ou ternes, soignés ou négligés, ils n’évoqueront pas les mêmes choses. Il y a ceux que l’on cache obstinément sous un foulard : c’est sans doute la preuve criante d’une féminité bafouée, cachez donc cette chevelure que je ne saurais voir…
Blond d’origine
Le mythe des cheveux blonds remonte à l’Antiquité. Rare et donc convoitée, la chevelure blonde était un canon de beauté auquel on associait douceur et angélisme, mais aussi  fécondité. Nombre de femmes mettaient sur leurs cheveux de savantes préparations pour obtenir une parure blonde comme l’or. Au Moyen Âge, on prêtait presque des pouvoirs surnaturels au blond. Les cheveux blonds devenaient une monnaie d’échange, surtout au Proche-Orient. Les peintres représentaient les saints avec des chevelures dorées à la feuille d’or. Pour les femmes, c’était un critère majeur de beauté : la blonde était à la fois pureté et démon à cause de l’attirance sexuelle qu’elle suscitait.
Déesse de l’amour, Aphrodite est blonde, tout comme Ève et Marie-Madeleine, qui symbolisent le vice. Alors que la pureté est incarnée par la Vierge Marie, représentée en blonde à partir du XIVe siècle, suite à la vision de Brigitte (d’origine suédoise) qui la décrit comme blonde.
Dans les contes de fées, les princesses sont blondes. Il reste quand même Blanche-Neige aux brunes, car les autres sont plutôt des sorcières ! Seul Guillaume Apollinaire désigne Loreley comme une « sorcière blonde », mais son poème reste un hymne au pouvoir de fascination et de séduction de la blondeur.
Il y eut pourtant une période « anti-blonde » sous le règne de Louis XIV, lorsque les peintres français prennent le dessus sur le style baroque des Italiens. Il est alors de bon ton de représenter la vertu et « l’honnête homme » : les chevelures peintes par Lebrun ou Mignard sont sombres, le roi porte une perruque brune, ses maîtresses sont brunes. Deux siècles durant, les blondes ne furent plus à la mode.
Les blondes au cinéma
On a longtemps associé à la blondeur la douceur, la candeur, la pureté ou le vice… Le cinéma des années 1930 va donner au blond platine toute sa splendeur. Hollywood a fait de la blonde une star. Marylin en est l’illustration criante : en passant du brun au blond, elle est passée de l’ombre à la lumière, tout comme Brigitte Bardot ou encore Mireille Darc, qui se sont révélées au public et sans doute à elles-mêmes en devenant blondes. Le blond symbolise aussi la richesse et une appartenance à une classe sociale, notamment aux États-Unis, où l’on se distingue des Hispano-Latinos et de la communauté noire. La blonde au cinéma sera perçue comme glamour et pulpeuse ou au contraire comme froide et mystérieuse chez Alfred Hitchock. Les blondes jouent les ingénues, les sex-symbols ou les froides calculatrices. Mais loin des grands écrans, dans la vie ordinaire, comment se voient-elles, comment se sentent-elles considérées ?
Le regard des autres
Vous avez dit blondes ? Certaines le deviennent, comme Fabienne, qui, après deux grossesses difficiles et une relation fusionnelle avec ses enfants, a décidé de reconquérir sa féminité en devenant blonde, à 35 ans : « Aucun coiffeur n’a voulu changer ma couleur du jour au lendemain, il y a eu des étapes, d’abord des mèches, avant d’arriver au blond platine d’aujourd’hui. » Elle se dit heureuse comme si elle s’était révélée. Pour son mari ? Après de longues années de vie commune, c’est un peu comme s’il avait « changé » de femme, dit-elle en rigolant. Le regard des hommes sur elle s’est transformé, on la complimente sur son physique, ses tenues, elle sent que les hommes sont plus réceptifs à sa féminité. Fabienne reconnaît qu’elle a pris confiance en elle et s’est ouverte aux autres : « Avant j’étais discrète et réservée, aujourd’hui je suis
épanouie. »
70 % des clientes de Jorge, du Salon Jean-Louis David, sont blondes mais il n’effectuera pas de changement brutal. Avant, il essaiera d’en savoir plus sur les motivations de sa cliente : « Les femmes pensent que le blond leur donnera la lumière du glamour, mais ce n’est pas si simple. Il y a aussi la texture du cheveu qu’il faut prendre en compte et il faut savoir se mettre en valeur et se maquiller pour ne pas devenir fade, cela demande aussi beaucoup d’entretien. »
D’autres entretiennent leur blond naturel à l’origine. Avec les années, Christelle a vu peu à peu sa couleur foncer : elle avait l’impression de passer inaperçue dans le regard des hommes. Cela voudrait-il dire que les hommes préfèrent les blondes ? « Je ne le pense pas, mais on dit souvent que la blonde est source de fantasmes et que les hommes se marient avec les brunes », sourit Christelle. Vanessa a vécu la même chose, ses cheveux ont foncé : « On me disait que j’avais l’air triste, que cela ne me ressemblait pas, alors je suis revenue à un blond lumineux. »
Le cliché de la blonde nunuche et les blagues qui vont avec, elles en sourient, prennent de la hauteur. « Chez les femmes, il y a plus de méchanceté à ce sujet », remarque Christelle.
Vanessa, Fabienne ou Christelle reconnaissent jouer de leur blondeur avec certains hommes en uniforme, qui seraient donc plus indulgents avec les blondes au volant ! Valérie en profite sur les brocantes, quand elle chine pour négocier les prix. Mais la blonde qui dessert l’image des blondes, qui serait-elle ?
À la majorité : Victoria Silvstedt, la « potiche » de La Roue de la Fortune ; pour Léa (17 ans), c’est Paris Hilton, et pour Valérie, la défunte Lolo Ferrari. Quant aux blondes mythiques, celles qui font rêver : Marylin pour son glamour, Meg Ryan pour sa fraîcheur, Gena Rowlands, actrice fétiche de John Cassavetes, pour sa classe et son intelligence.
Si Léa a pensé un moment à foncer ses cheveux, c’était peut-être pour mieux se fondre dans la masse au lycée. Les autres blondes qui témoignent sont bien dans leur peau et ne reviendraient sur leur couleur pour rien au monde. Souvent, elles disent avoir trouvé la lumière qui les met en valeur et adoucit leurs traits. C’est sans doute un mélange de douceur et de glamour qui leur donne toute leur féminité et leur assurance. Et puis, bien sûr, être regardé par les hommes, c’est toujours agréable si cela reste élégant… Cette année même la Loire est blonde, parée des bancs de sable doré.
Bibliographie :
Les Blondes, une drôle d’histoire, d’Aphrodite à Madonna Joanna Pitman Éditions Autrement
Brune blonde exposition Arts et cinéma à la Cinémathèque Française

La véritable histoire des blondes

Au Canada, on ne fait pas du shopping, on va « magasiner ». Et on ne dit pas ma femme, mais ma « blonde ». D’où l’origine des blagues sur les blondes, qui en fait nous viennent du Canada et sont bien plus misogynes qu’on peut le croire, puisqu’elles concernent toutes les femmes et pas seulement les blondes.

Dessange, le coiffeur des blondes ?

La réponse est oui : cela fait 50 ans que Jacques Dessange est associé aux blondes. L’explication ? C’est lui qui avait décoloré les cheveux de Brigitte Bardot (brune à l’origine) pour le film Et Dieu créa la femme. Son premier salon était à Saint-Tropez. « Le blond, c’est l’ADN du groupe, souligne Fabrice Blanc, le directeur du salon d’Orléans. Il est décliné à l’infini avec des noms étudiés : californien, safran, miel. Cet été, la tendance sera au blond croisière très clair, façon Kate Moss. »

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