Le magazine féminin des Orléanaises (depuis 2010)

Ça se passe comment à Moscou ?

Originaire d’Olivet, Anne, 51 ans, est installée à Moscou depuis mai 2005. elle a suivi Laurent, son mari, qui travaille dans un groupe français de grande distribution. Charlotte, leur fille aînée,est étudiante à Paris et Juliette, 15 ans, est en 2nde au lycée français.

 

Quand et dans quelles circonstances a commencé le confinement pour vous à Moscou ?

Nous sommes rentrés des sports d’hiver le dimanche 8 mars. Et nous avons appris à la fin de la semaine qui a précédé notre retour que toutes les personnes qui revenaient de France, à partir du 5 mars, devaient signaler leur retour auprès de la hotline de la Mairie de Moscou. Chose que j’ai faite dès le lendemain de notre retour. Cette procédure était obligatoire. Nous avons dû nous mettre en isolement strict pendant 14 jours. Interdiction de sortir, même sur le palier de notre appartement. 

Comment s’est passée votre arrivée à l’aéroport ?

Nous avons subi une procédure de reconnaissance faciale, mais pas de contrôle sanitaire. En revanche, une de mes amies, qui est rentrée une semaine après nous, a eu un contrôle de température fait par les équipes médicales à l’aéroport.

Quand a commencé le confinement officiellement à Moscou ?

Les autorités ont demandé aux Moscovites qui ont une datcha de quitter Moscou pour rejoindre leur résidence secondaire. Puis ils ont commencé par fermer les musées, les écoles, les salles de sport. Les cafés et les restaurants ont été fermés en dernier. Et le confinement pour tous a commencé le 30 mars. Les vols ont été suspendus le 28 mars, nous avons fait le choix de rester, mais le groupe pour lequel travaille mon mari ne nous a pas proposé de rentrer en France.

10 000 caméras supplémentaires installées à Moscou depuis la crise sanitaire.

Comment s’est organisé votre quotidien de confinés ?

Le plus dur durant cette quatorzaine a été de ne pas sortir prendre l’air. En plus, il faisait un temps magnifique !

Rapidement, nous avons appris que le lycée serait fermé jusqu’au 12 avril. Un suivi pédagogique a été mis en place immédiatement. Ça fonctionne plutôt bien. La plupart des cours se font en visioconférence. Mon mari s’est mis au travail dès le lendemain de notre retour. Avec beaucoup de réunions sur le Web.

Moi qui ai l’habitude de faire les courses moi-même, j’aime choisir mes produits… et bien là, pas d’autre choix que de commander sur Internet et se faire livrer sur le palier ! Plutôt satisfaite de la qualité des produits et aucune pénurie à déplorer. Le délai de livraison était très rapide ! Aujourd’hui, Laurent est retourné travailler la boule au ventre, car il continue à assister à des réunions, sans masque !

Vous craignez pour votre santé ?

Le système de santé est catastrophique ici, heureusement nous ne sommes que rarement malades et nous faisons appel à un médecin qui se déplace à notre domicile. Par ailleurs, en cas de problème, nous irions dans « l’European Medical Center », une clinique européenne multidisciplinaire. Le problème, c’est qu’on ne connaît pas les chiffres, ceux qui sont officiels ne sont pas crédibles : on nous parle de 50 décès et de moins de 3 000 cas.

Le confinement est-il bien respecté ?

Il y a beaucoup de caméras à Moscou et depuis la pandémie, 10 000 de plus. À chaque sortie d’immeuble, on est très vite repéré, on risque une amende, voire 5 ans de prison si l’on contamine quelqu’un et que cette personne décède ! 

Propos recueillis par Marie-Zélie Cupillard

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