Le magazine féminin des Orléanaises (depuis 2010)

Christèle, l’effet rebond d’un licenciement économique

Christèle Travouillon a appris par la radio que l’entreprise dans laquelle elle travaillait depuis 10 ans fermait ses portes… Elle témoigne à cœur ouvert, sans tabou ni rancœur, sur cette période qu’elle traverse.

 

Comment est arrivée la fermeture de site ?

En 10 ans dans cette société, j’ai traversé 7 plans sociaux. Il y a eu beaucoup de transferts d’activités vers les pays dits « low-cost ». À chaque plan social, nous avons dû nous adapter. On arrivait toujours à remotiver et valoriser les équipes car ce sont les tâches les plus basiques qui étaient délocalisées. Nous conservions la valeur ajoutée, ce qui nous amenait à nous spécialiser.

C’est à la radio, en me réveillant le matin, que j’ai appris que le groupe fermait tous les sites français. Les activités étaient concentrées au siège, en Région parisienne. Nous avons été rapidement mis au courant de notre avenir. Pour ma part, j’avais le choix entre suivre l’activité sur le site parisien ou être licenciée économiquement, mais certains n’avaient pas ce choix…

 

Dans quelle situation vous êtes-vous alors trouvée ?

Un avenant de mobilité m’a été proposé. Mais ma véritable question était de savoir si je croyais encore dans l’entreprise. Suffisamment pour faire déménager ma famille ? Et si je faisais les allers-retours, comment m’investir dans un nouveau poste avec autant de transport ?

Le choix a été mûrement réfléchi, ce serait non à la mobilité. Dans le même temps, ma décision a permis à quelqu’un d’autre de conserver son poste… le jeu des chaises musicales !

J’ai accompagné mon équipe jusqu’à la fin. J’ai assisté aux cartons qui s’entassent, aux bureaux qui se vident. Et puis, on a fermé les portes du site et on s’est dit au revoir…C’était dur, tout le monde pleurait.

 

Psychologiquement, comment avez-vous traversé tout cela ?

La dernière année a été dure, il fallait accompagner les équipes. Pourtant, on n’est pas psychologue. Je me rends compte que cela aurait été difficile d’enchaîner immédiatement vers un nouveau poste.

Les premiers mois, j’ai vraiment ressenti un ascenseur émotionnel ! Il parait que c’est une phase normale, une sorte de résistance. Mais après quelque temps, je suis sereine. Il faut accepter le fait d’être partie. Non pas parce que j’ai fait des erreurs, ce n’est pas ma faute, c’est le contexte économique qui a engendré cela. C’est une sorte de deuil qu’il a fallu faire. Maintenant, je suis convaincue qu’une nouvelle opportunité m’attend. À 40 ans, on a plus d’expérience, on est plus sûre de soi.

Je profite d’un accompagnement du fait de mon licenciement, j’ai pu établir un plan de formation : anglais intensif et management, communication et leadership avec la méthode Dale Carnegie, qui place les relations humaines et son propre potentiel au cœur de la réussite. Cela me dynamise, je rencontre du monde, je me recrée un réseau. Je profite de cette pause qui m’est accordée pour trouver un nouveau challenge. J’ai besoin d’être à fond dans ce que je fais.

 

Et maintenant, comment vous organisez-vous ?

Je me suis mise en mode projet toute seule, j’ai un planning pour répondre aux offres, pour mes formations. Je suis positive, je n’ai pas peur de dire que j’ai été licenciée, il n’y a pas de raison que je le cache. La maturité me permet de savoir vers quoi je veux aller. La prospection commence. Je suis à la découverte du territoire économique. J’ai élargi mon champ de recherche : administration des ventes, finances, logistique, achats. J’appelle les entreprises, je fais des candidatures spontanées.

 

Vous arrive-t-il de regretter votre choix ?

Dans ma décision, je me sens honnête avec moi-même et envers l’entreprise. Je ne me suis jamais dit que j’avais pris la mauvaise décision. Je ne pouvais plus suivre, cela faisait 6 mois que je partais travailler la boule au ventre. Je suis une passionnée, j’ai besoin d’être stimulée par ce que je fais. Sur le prochain poste, je repartirai riche de ces moments. 

 

 

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