Covid-19 version allemande : témoignage de Délia Brügmann

Cavalière et enseignante, Délia partage sa vie entre la France et l’Allemagne, elle nous raconte son quotidien et nous offre un éclairage sur le mode de confinement et de déconfinement en Allemagne.

Délia a découvert Orléans alors qu’elle était encore étudiante, puis elle s’est installée à Chaumont-sur-Tharonne. À l’origine de l’association Hippolangue, elle organise, depuis plus de vingt ans, des stages d’équitation associés à des cours de langue. Délia a également enseigné à l’université d’Orléans, jusqu’en 2014, date de son retour à Dortmund, sa ville natale. Aujourd’hui elle partage son quotidien, avec son père (âgé de 87 ans) et Mila, sa fille de 20 ans. Délia est une femme hyperactive : entraîneur d’équitation, éleveuse, cavalière, professeur de sport, d’allemand et de français. Alors comment a-t-elle vécu ce confinement à la mode allemande ?

Ce qui a changé au quotidien

« Nous n’avons pas été confinés, nous pouvions prendre notre voiture et nous étions libres de sortir. L’organisation fédérale de l’Allemagne nous a permis d’être confinés avec des règles plus souples en fonction de la situation sanitaire de notre région. Nous ne pouvions plus aller nulle part car tout était fermé ! Mais nous avions le droit de nous déplacer à deux. Alors nous en avons profité pour nous balader, à pied ou à vélo. Avec ma famille, on a vu et découvert tout un autre côté de Dortmund ! Nous avons trouvé des châteaux, on a fait des balades à poneys, en calèche. Quelle chance de faire des choses qu’on n’avait jamais le temps de faire : on s’est fait coacher en chant, en piano par vidéoconférence. On a pu rénover la maison et les écuries.

Dès le 22 avril, certains grands magasins (comme Ikea) ont pu rouvrir, ainsi que les concessionnaires automobiles, les magasins de bricolage sont toujours restés ouverts. Nous pouvions aller en Hollande, à condition de le signaler et de respecter un conditionnement strict à notre retour.

Depuis le 4 mai, tous les commerces sont accessibles, sauf les bars, les restaurants et les hôtels. Des distributeurs de gel hydroalcoolique sont en libre-service et le port du masque est obligatoire dans tous les lieux publics fermés et dans les transports mais pas dans la rue. »

Déconfinement progressif pour les élèves

Depuis le 23 avril, les lycées généraux et professionnels étaient fermés, depuis le 16 mars uniquement les terminales et les autres le 11 mai. Les élèves qui préparent un diplôme peuvent suivre des cours en petit groupe de six personnes par salle. Les élèves ont une place attitrée, celle-ci est désinfectée tous les soirs. À chaque début de cours et après une pause, ils doivent se laver les mains. Pendant les cours, ils ont le droit de retirer leur masque. Les élèves ont cours une à deux fois par semaine. Dans les cours de récréation, ils sont surveillés et doivent garder leurs distances. Les autres élèves sont à la maison et ont des devoirs. À l’université, depuis le 20 avril, tout se fait par vidéoconférence depuis le domicile des professeurs, qui ont été réactifs.

Répercussions économiques

Beaucoup de petites structures (à l’instar des coiffeurs) ont reçu une aide de 8 000 €, il suffisait de faire la demande et les fonds étaient immédiatement versés. Concernant mes écuries, nous hébergeons 30 chevaux dont 15 de propriétaires. Tous les propriétaires pouvaient accéder aux écuries tous les jours pour s’occuper de leurs chevaux, en revanche l’entraînement et les cours étaient interdits. Pour une raison de conformité parmi tous les sports…

Depuis le 5 mai, on a le droit de s’entraîner et de donner des cours. J’ai perdu des clients qui ne veulent pas prendre de risque et j’ai perdu les trois-quarts de mon chiffre d’affaires. Mes stagiaires Hippolangue ne viendront pas pour les vacances d’été ! Pour l’élevage, les chiffres avaient déjà chuté depuis longtemps. Avec le Covid, les gens ne viennent plus essayer les chevaux que nous élevons. Je travaille également en tant que représentante du stud-book westphalien en France, avec cette très grande association de 6 000 éleveurs, nous avons décidé d’organiser des ventes online. Les deux dernières ventes se sont très bien déroulées ! 

 

Dortmund 600 000 habitants
Le pic a eu lieu le 7 avril avec 58 nouvelles infections.
En date du 6 mai, on dénombre entre 4 à 8 infections par jour.
700 personnes infectées par le virus, 600 convalescents recensés et on déplore 4 morts.

 

Propos recueillis par Marie-Zélie Cupillard

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