Entre grands-parents et petits-enfants, il y a un apport mutuel très riche.

L’avis de la psy

Psychologue clinicienne spécialisée dans l’enfance et l’adolescence, Béatrice Copper-Royer a récemment publié Grands-parents, le maillon fort, chez Albin Michel.

Comment définiriez-vous la relation entre grands-parents et petits-enfants ?

Le lien est riche et il est dans les deux sens. Les grands-parents ont beaucoup de choses à transmettre à leurs petits-enfants, à commencer par l’histoire de l’enfance de leurs parents ; ça les intéresse toujours beaucoup, ça les amuse de savoir quel enfant leur père ou leur mère a été, de savoir quelles bêtises ils ont faites, de voir les photos… La grande histoire familiale est plus facilement transmise aux petits-enfants qu’aux enfants, des sortes de secrets de famille, pas vraiment des secrets mais des choses qui ne sont pas dites et qu’on dévoilera plus facilement aux petits-enfants. Sans oublier les rituels familiaux, les recettes, une façon de célébrer telle fête… Dans le sens inverse, les petits-enfants peuvent transmettre un peu de leur culture, de leurs goûts, de leurs intérêts pour les nouvelles technologies par exemple. Il y a un apport mutuel très riche. On voit actuellement à quel point c’est important de pouvoir communiquer par Skype, Zoom, ou tous ces outils qui permettent d’envoyer des photos, des vidéos. Cela en-dehors du Covid-19, car beaucoup des grands-parents ont des petits-enfants éloignés géographiquement, parfois à l’autre bout du monde.

On parle souvent du désir d’être parent. Il y a aussi un désir d’être grand-parent. Que signifie-t-il ?

C’est la transmission du lien, la pérennité de la famille, la satisfaction d’être en haut de la pyramide et de regarder sa descendance. C’est un lien peu ambivalent. Il est assez simple – alors que celui qui existe entre les parents et les enfants peut être contradictoire, entre amour et énervement, etc. Il n’est pas chargé d’un devoir d’éducation, c’est juste de la tendresse sans beaucoup de contraintes, de charge éducative, de peur de mal faire.

Les grands-parents qui priorisent leurs activités personnelles peuvent-ils être qualifiés d’égoïstes ?

Il y a plusieurs catégories de grands-parents. Certains n’attendent que ça et sont tout dévoués à leurs petits-enfants. Leur vie tourne autour de cette nouvelle fonction. Ils n’ont pas envie d’autre chose que rendre service. Et d’autres qui continuent d’avoir une vie professionnelle, ou lorsqu’ils sont jeunes retraités, veulent profiter d’une belle vie. Ils n’ont pas envie d’être contraints par des obligations. On entend des enfants s’en plaindre, ne pas accepter qu’ils ne soient pas corvéables à merci. Mais certains ont refait leur vie, c’est compliqué pour eux d’être entièrement tournés vers les petits-enfants. Surtout qu’il y a les enfants et petits-enfants du nouveau compagnon ou de la nouvelle compagne ! Il y a plein de cas de figure. Il faut composer avec des puzzles familiaux très différents.

www.copperroyer.fr

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