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La fidélité, une notion aux frontières de plus en plus floues

«One shot », « relation platonique », « vie parallèle ». Quand il s’agit de mettre des mots sur les frontières de l’acceptable en matière de relations à l’autre sexe, les Français sont de plus en plus perdus. Est-ce que cliquer, c’est tromper ? Et fantasmer ? Vaut-il mieux passer à l’acte et sauver son couple de la routine ou ravaler ses désirs et attendre que ça passe ? À l’heure de la drague en ligne et du « Chacun sa soirée », la notion de fi délité n’est plus ce qu’elle était. Le site de rencontres extraconjugales Gleeden a publié les résultats de son Grand Observatoire de l’infi délité en France 2014*. Une enquête impartiale ? Certainement pas, au vu de l’orientation franchement libertaire, voire libertine, de la plateforme. Mais les résultats sont là : 27 % des Français pensent aujourd’hui qu’il est impossible de rester toute une vie fi dèle à la même personne contre 15 % en 1983. Âmes romantiques s’abstenir !

Les lois de l’atraction

En France, l’infidélité est loin d’être une pratique marginale… Les résultats français de l’Observatoire européen de l’infidélité montrent au contraire une banalisation des comportements extraconjugaux où plus d’un homme sur deux (55 %) et près d’une femme sur trois (32 %) admettent avoir déjà été infidèles au cours de leur vie. Observateur des différentes formes d’extra-conjugalité, Gleeden a ainsi souhaité en savoir plus sur la manière dont l’infi délité était aujourd’hui perçue, pratiquée et vécue en France et dans les principaux pays européens. Il a ainsi commandé à l’Ifop une grande enquête européenne dont il a diffusé les résultats français à l’occasion de la publication du Petit traité de l’infidélité (voir encadré). Les résultats de cette enquête confirment, entre autres, la hausse continue des comportements extraconjugaux au cours des quarante dernières années.

La fin d’un mythe

Si une majorité de Français conservent une vision assez normative de la sexualité conjugale, cette étude atteste notamment du fait qu’une proportion croissante de personnes en couple ne limitent plus leur vie amoureuse à la sphère « officielle ». Depuis la fi n des années soixante, on observe donc un recul continu du couple comme espace de réalisation de la sexualité dans le cadre d’un mouvement plus large de diversifi cation des trajectoires. Paradoxalement, ces incartades n’en sont pas pour autant mieux acceptées socialement. Au contraire, dans un contexte de crise où la fi délité est plus que jamais valorisée, on observe un recul de la tolérance à l’égard des aventures extraconjugales, notamment chez les femmes qui ne les admettent plus autant qu’à l’époque où elles étaient majoritairement dépendantes fi nancièrement. L’un des enseignements de l’enquête tient d’ailleurs dans la perception toujours différenciée de la fi délité entre hommes et femmes : ces dernières acceptent toujours beaucoup moins ces « écarts de conduite » que les hommes. De même, si l’on observe une réduction du fossé entre les sexes en matière d’expériences extraconjugales, cela reste encore un phénomène majoritairement masculin.

A LIRE : Petit traité de l’infidélité

Après un an d’enquête auprès d’infidèles notoires, la journaliste Kenza Braiga ne croit plus au mythe du grand amour synonyme de fi délité. Dans un livre anti-langue de bois, elle nous propose une vision franche et réaliste des rapports amoureux aujourd’hui. Que l’on soit adepte des rencontres extraconjugales, ou débutant en la matière, l’ouvrage prépare pas à pas ceux qui le souhaitent et qui l’assument à pénétrer sans tabou dans l’univers des rencontres secrètes. Immoral ? Non, simplement dans l’air du temps d’après l’auteur qui a quand même pris soin de consacrer un chapitre entier à la détection des signes d’infi délité chez son partenaire. Y a de la zizanie dans l’air !

de Kenza Braiga, 2d. du quotidien malin, 192 pages, 10 €

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