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L’art de la sieste

Vous vous endormez après avoir tourné quelques pages d’un livre, ou devant la télé ? Ne luttez pas, vous êtes en dette de sommeil. Une ou plusieurs siestes devraient vous remettre d’aplomb. Mais attention : un bon roupillon, ça ne s’improvise pas…

 

En France, nous ne sommes que 10 % des adultes (et parmi eux, 58 % d’hommes) à nous offrir une sieste quotidienne. Un chiffre très faible qui s’explique par la mauvaise image de ce doux moment qualifié souvent de « fatigant », « inutile », « perturbant », « pathologique » et même « anormal » ! Alors qu’une courte sieste peut suffire à nous requinquer. Mieux, elle est bénéfique pour la vigilance au travail, la concentration, mais aussi la sûreté. Certaines entreprises ont d’ailleurs mis en place une sieste quotidienne de 15 minutes organisée sur le temps de travail. Efficacité et sécurité sont alors au rendez-vous.

 

Bonne pour la santé ?

Faire la sieste n’a peut-être pas de répercussions directes sur la santé, mais en revanche, être en manque de sommeil en a un certain nombre : irritabilité, agressivité, troubles visuels et intellectuels, déséquilibre de l’appétit, risque de diabète multiplié par deux, désorientation temporelle, augmentation des sensations de douleur, altération de l’humeur (avec pour conséquences dépression ou hyperactivité), hypertension artérielle… Pour y remédier, de longues plages de sommeil s’imposent. Y compris l’après-midi, juste après déjeuner.

 

Comment s’y prendre ?

Il faut trouver une relaxation maximale pour se décontracter, se détendre, effacer toute tension. Pour y parvenir :

  • éteignez le téléphone,
  • installez-vous confortablement dans la pénombre, dans un endroit tranquille, de préférence allongée sur le dos. Au bureau, on peut tout simplement poser les coudes, avec le menton dans ses mains.
  • relaxez-vous, détendez vos muscles,
  • ne vous forcez pas à dormir, mais essayez de vous relaxer. L’important étant de se reposer.

 

Les différents types de sieste

La durée idéale se situe entre 10 et 20 minutes : c’est la « sieste flash ». Plus courte, c’est la « micro-sieste », d’une durée de 5 minutes, avec un endormissement et un réveil sur commande, à condition de s’entraîner comme expliqué précédemment, mais dans des conditions de moins en moins faciles : avec de la musique, en étant assise, ou dans le train, etc. À moins que vous ne vous offriez une « sieste royale » (ou « longue »), qui dure un cycle complet de sommeil (soit 1 h 30 à 2 h). Elle permet de récupérer d’une mauvaise nuit, ou d’une nuit de travail dans certaines professions…

 

La sieste ailleurs

En Espagne, pays aux horaires spécifiques, que ce soit pour les repas ou pour le travail (les bureaux n’ouvrent l’après-midi qu’à partir de 15 ou 16 h), la « siesta » est un classique, mais jusqu’à quand ? La Catalogne a prévu d’adopter, d’ici juillet, les mêmes horaires de travail – en gros, 9h-17h – que la plupart des autres pays européens… Au Japon, la sieste est de plus en plus pratiquée au bureau tandis qu’en Chine, elle est carrément inscrite dans la Constitution : « Le travailleur a le droit à son temps de repos pendant le travail si il en a besoin », ceci afin d’avoir une meilleure productivité…

 

 

À lire

L’art de la sieste, Thierry Paquot, éditions Zulma

Apprendre à faire la sieste. Et si c’était un médicament ?, Eric Mullens, éditions J. Lyon

Éloge de la sieste, Bruno Comby, Harmonies

 

 

Dormir pour conduire mieux

Si le sommeil est obligatoire, tout le monde ne dort pas selon le même rythme : certaines personnes sont de véritables marmottes, quand d’autres se satisfont de quelques heures chaque nuit. Mais un minimum est nécessaire… « Si un éveil continu se poursuit au-delà de 24 heures, la détérioration périodique de l’attention augmente », prévient le docteur Eric Mullens. Des épisodes de micro-sieste, de quelques secondes seulement, risquent de survenir sans que le sujet ne s’en rende compte. On imagine les problèmes de sécurité que cela pose… C’est pourquoi, sur la route, arrêtez-vous dès que vous ressentez les premiers signes de somnolence, même si vous êtes presque à destination. Un petit somme de 15 minutes peut suffire à recharger les batteries de vigilance pour une à deux heures.

 

 

L’avis du pro : « Un bénéfice intellectuel »

Le docteur Louis Danse est un spécialiste orléanais du sommeil. Il rappelle qu’une vraie sieste réparatrice ne doit pas durer plus d’une demi-heure. Au besoin, faites retentir votre réveil !

 

Y a-t-il une définition « scientifique » de la sieste ?

Il n’existe pas de définition en tant que telle, mais on peut présenter le sommeil ainsi : perte de conscience volontaire et de manière réversible. La sieste entre dans ce cadre-là, à condition qu’elle ne dure pas plus d’une demi-heure. Sinon, elle empiète sur la nuit suivante. On doit dormir ce dont on a besoin, dix minutes, ou vingt minutes, mais pas plus de trente… Idéalement sans bruit, sans lumière, confortablement installé.

 

Dans quel état de sommeil se trouve-t-on lors de la sieste ?

Théoriquement, dans le cas d’une sieste de moins d’une demi-heure, nous ne sommes pas en état de sommeil paradoxal, qui arrive au bout d’une heure. Mais nous sommes dans un sommeil lent, profond et réparateur.

 

Y a-t-il des moments plus appropriés pour faire la sieste ?

Notre corps fonctionne par cycles tout au long de la journée. Entre 11 h et 15 h, il y a une baisse normale de la vigilance. C’est d’ailleurs pendant cette période qu’il y a le plus d’accidents de la route. Il y a une pression de sommeil à ce moment-là, à laquelle il faut répondre, si possible, par une sieste réparatrice.

 

Quels sont ses bienfaits ?

C’est surtout bénéfique intellectuellement. Les gens sont plus performants, plus concentrés. Ils retrouvent des capacités intellectuelles qu’ils n’avaient pas l’heure d’avant.

 

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