Le magazine féminin des Orléanaises (depuis 2010)

Le bonheur est 
dans l’hormone

Et si le bonheur ne tenait qu’à la sécrétion de substances licites par notre système endocrinien ? Petite échappée dans le monde des hormones…

 

Non, le bonheur, ce n’est pas seulement dans la tête ! Euphorie, joie de vivre et autres plaisirs de l’existence s’accompagnent d’un véritable cocktail hormonal qui, en temps réel, assaisonne ces nobles sentiments de quelques touches d’un déterminisme bassement organique. En quelques années, les recherches sur le terrain de la médecine moléculaire ont permis de percer plus avant les principaux mécanismes qui président à cette étonnante symphonie du bonheur. Petit traité philosophique en forme d’inventaire endocrinien…

Les messagers du corps 

Notre corps réagit aux impressions de son environnement, bonnes ou mauvaises, en faisant appel à des messagers chimiques appelés neurotransmetteurs. Ces composés sécrétés par les neurones sont captés par d’autres neurones qui, selon la nature du neurotransmetteur perçu, vont élaborer une réponse négative ou positive. Plus de cinquante neuromédiateurs agissent ainsi dans le cerveau, dont un petit nombre préside à notre bien-être et à notre équilibre.

Sérotonine ou la clé du paradis 

Surnommée « hormone du bonheur » par la communauté scientifique, la sérotonine joue un rôle prépondérant dans la sensation de bien-être. À concentration élevée, elle procure une sensation d’optimisme et d’anxiété tandis que, raréfiée, elle mène au contraire à la mauvaise humeur et à la dépression. Les laboratoires pharmaceutiques l’ont bien compris qui, au travers d’antidépresseurs aussi célèbres que le Prozac, en renforcent l’action, tout comme le font le LSD ou l’ecstasy.

Du soleil ! Le rayonnement solaire a en effet une influence très positive sur la sécrétion de cette hormone. Certains aliments jouent aussi un rôle sur sa production. C’est notamment le cas des céréales, du poisson, du fromage, des bananes et, bien sûr, du chocolat.

 

Ocytocine ou l’hormone des interactions

On la connaissait surtout pour le rôle qu’elle jouait dans le déclenchement du travail de la femme enceinte, mais une récente étude* a montré le lien étroit entre la sécrétion de cette hormone et l’apparition de la dépression. Menée auprès de 185 patients dépressifs, l’expérience a révélé chez la plupart de ces individus un défaut récurrent au niveau de la fixation de l’ocytocine. Cette hormone régirait globalement la sphère sociale et émotionnelle de notre comportement et interviendrait principalement au niveau des mécanismes d’attachement à autrui… Forts de ces résultats, certains chercheurs convoitent aujourd’hui la possibilité de traiter l’autisme par le biais de cette substance. Une équipe du CNRS de Lyon a ainsi démontré que l’inhalation d’ocytocine par voie nasale améliorait de façon notoire les relations sociales entre des individus atteints d’autisme de haut niveau ou du syndrome d’Asperger. Une étude suisse parue fin 2008 a aussi révélé que cette hormone intervenait positivement dans la communication des couples en difficulté.

Faire l’amour ! La sécrétion d’ocytocine est augmentée par la stimulation du vagin, des seins et du col utérin. Elle est en revanche inhibée par la consommation d’alcool.

 

Endorphines ou la course au bonheur

Pourquoi les sportifs courent-ils ? Pour la forme, bien sûr, mais pas seulement ! Les endorphines sont des neurotransmetteurs libérés par le cerveau dans les situations de détresse psychologique ou physique, et plus généralement pendant et après l’exercice physique.

Voilà qui constitue une bonne raison de courir quand on connaît tous les effets de ces surprenantes hormones. Avec leur structure moléculaire proche des opiacées du type morphine, elles font du sport une véritable partie de plaisir. La pratique sportive permettrait de réduire les signes extérieurs de la dépression légère ou modérée et aurait des vertus euphorisantes, anxiolytiques, antalgiques et anti-fatigue. Faut-il croire pour autant le sportif qui se dit « accro » à son footing ? Non : les endorphines ne créent pas de dépendance identique à celle de la morphine.

De l’endurance 

Libérez les endorphines en pratiquant régulièrement un sport d’endurance (running, vélo, natation, balade en raquettes, ski, aérobic…) sur des durées variant de 30 à 45 minutes. λ

* Parue en 2009 dans le magazine Psychoneuroendocrinology.

 

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