Le magazine féminin des Orléanaises (depuis 2010)

Le Martroi, retour en grâce

Le vendredi, c’est la place du marché où l’on prend son temps, le week-end, celle des grands événements, et tout au long de la semaine, celle des rendez-vous : pour le café du matin, pour le déjeuner, mais aussi pour l’apéro ensoleillé au dîner. La place du Martroi, mal aimée durant des années, est devenue un lieu de rencontres incontournable pour les Orléanais.
Mais en connaissez-vous l’histoire ? Sébastien Drouet

Souvenez-vous, c’était il y a 5 ans : de septembre 2012 à décembre 2013, un chantier gigantesque a occupé tout l’espace de la place du Martroi*, allant même jusqu’à l’interruption du tram en plein mois d’août pour permettre aux équipes de rénovation de poser le nouveau revêtement. Jeanne d’Arc, statufiée depuis 1855 (et même 1804, mais cette première statue a été remplacée par celle que nous connaissons, une œuvre de bronze signée Denis Foyatier**), a observé tout ce remue-ménage qui a coûté quelque 11,2 millions d’euros. 5 148 tonnes de pierre et 460 arbustes ont été utilisés pour redonner du lustre à ce point central d’Orléans, qui s’étend désormais sur deux hectares. C’est là où finissent les petites rues, là où elles meurent, et là où se forment les « rumeurs », surtout dans les cafés installés autour, le Grand Martroi, le Studio 16, plutôt branché, feutré et moderne, avec son espace club, tout comme la Renaissance d’ailleurs, juste en face, le Bistrot, de l’autre côté, la Chancellerie, à l’ambiance cossue et quelque peu guindée, rendez-vous des bonnes familles et des hommes ou femmes d’affaires… Justement, la Chambre de Commerce et d’Industrie est à deux pas, les banques aussi.

À la trappe !

De petites rues y convergent, donc, mais des grandes aussi : la rue de la République, qui trace vers le nord, la rue Royale avec ses arcades, qui descend en pente douce vers la Loire…

Le nom, « Martroi », trouverait son origine dans la présence ici-même, au VIe siècle, d’un cimetière chrétien que l’on appelait alors un « Martyrium ». Plus près de nous, des vestiges médiévaux de la porte Bannier sont encore visibles. À condition de descendre par une trappe située près de la statue. Ah, les mystères d’Orléans… et de son lieu emblématique ! Marché au blé à partir de 1516, lieu d’exécution à grands coups de guillotine sous la Révolution, la place a été véritablement organisée, au XVIIIe siècle, après le percement de la rue Royale (dans le prolongement du pont). Des pavillons du plus beau XVIIIe ont alors été édifiés, la Chancellerie (bâtiment construit en 1754 pour abriter les archives du duc d’Orléans), et la bourse du Commerce. Beaucoup d’autres étaient prévus, mais nous en sommes restés à ces deux-là… Les Rotondes ont été bâties, côté Nord, à la fin du XIXe siècle. Une place en constante évolution, jusqu’au drame : en 1940, un incendie consécutif aux bombardements a détruit la plus grande partie des façades de la place. Les bâtiments seront reconstruits, mais les cafés Belle époque seront remplacés par des banques et des administrations. Aménagée au début des années 80, traversée sur sa partie Ouest par le tramway, la place du Martroi s’est peu à peu dégradée, jusqu’à devenir – le mot revient souvent – « mal aimée » des Orléanais. Sa renaissance, depuis 2013, semble infléchir la tendance… 

*Plusieurs mois résumés dans une vidéo d’1’30 : https://vimeo.com/146904993.

**Si vous ne l’avez pas encore fait, approchez-vous pour admirer les bas-reliefs sur le socle : exécutés par Vital Gabriel Dubray en 1855, ils retracent la vie de Jeanne d’Arc.

 

 

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