Le magazine féminin des Orléanaises (depuis 2010)

L’entrée au CP : Conseils de pros ! Institutrice et orthophoniste

Sur le long et sinueux sentier des écoliers, la classe de cours préparatoire marque une étape importante. Comment aborder cette année sereinement, en gérant petits et gros soucis ?

 

Cartable sur le dos (le vrai cartable, pas celui en forme de doudou), votre loupiot adoré vous lâche la main. Cette fois, ça y est, c’est la rentrée à la grande école. Vous versez votre petite larme : il vous paraît si vulnérable dans cette cour bien trop grande pour lui. L’émotion vous submerge. Les grands vont l’embêter, c’est sûr, il ne va rien manger à la cantine, il n’arrivera jamais à rester assis toute la journée. Et s’il ne parvenait pas à lire et à faire ses devoirs ? Vous songez aussi avec nostalgie à votre dernier séjour au ski hors vacances scolaires, que vous ne vous autoriserez plus. Mais tout de même, vous ressentez une certaine fierté à le voir là, en rang deux par deux, avide de savoirs… Allez, dans une infime poignée d’heures, il vous sautera au cou, et vous le trouverez déjà grandi.

 

Les conseils de Catherine, après 40 ans d’enseignement dont 15 en CP.

« Votre enfant entre en CP… Il le sait depuis longtemps car vous n’arrêtez pas de le lui dire. Ne lui faites pas voir ou ressentir vos inquiétudes, car c’est peut-être la meilleure année de sa scolarité : oui, il va apprendre à lire, mais il va faire aussi beaucoup d’autres choses et la lecture ne doit pas étouffer le reste. Il faut lui laisser le temps de l’apprentissage, grâce à un entourage calme et patient. Cela ne sert à rien de le forcer. Et il doit avoir beaucoup de vocabulaire pour comprendre ce qu’il lit. Y a-t-il des bonnes ou des mauvaises méthodes de lecture ? Pas vraiment, car c’est à l’enseignant de comprendre comment son élève va apprendre à lire. L’important est que celui-ci comprenne ce qu’il lit et éprouve du plaisir. Je conseille à tous les parents de lire Comme un roman de Daniel Pennac, ils feront moins d’erreurs. »

 

 

ELLE LE DIT : 

« À l’entrée en CP de mon aînée, j’ai eu le cafard toute la journée. Alors pour mes garçons, j’ai posé ma matinée, et je suis allée boire un café avec mes copines ! » LAURE, MAMAN DE TROIS ENFANTS. 

 

 

TROUBLES DE L’APPRENTISSAGE DE LA LECTURE :

 l’avis de Pascal Rivière, orthophoniste à Orléans.

 

Quels sont les signes qui doivent alerter et orienter vers un bilan orthophonique ?

Après la Toussaint, lorsqu’on passe à la méthode syllabique pure, certains enfants font des confusions entre « f » et « v » ou « b » et « p ». Pour la plupart, ce sera résolu à Noël. Mais si le problème persiste en février, il ne faut pas laisser passer cela.

 

Quels sont les freins à l’acquisition de la lecture ?

Il peut y avoir un manque de maturité, car pour apprendre à lire, il faut en avoir envie, mais aussi être prêt. Les soucis peuvent être liés aussi à des carences familiales, avec un manque de suivi à la maison. C’est plus rare, mais je vois également des enfants qui sont bloqués par un excès de pression des parents ou de l’école.

 

Une dyslexie est-elle décelable dès le CP ?

Pour ma part, j’évite de coller des étiquettes trop tôt sur un enfant, car cela nie sa possibilité de progrès. La dyslexie est un mot un peu galvaudé. Je préfère parler de « troubles de langage écrit » jusqu’en CE2 ou CM1, où l’on a alors assez de recul. J’essaie dans ce cas de discuter avec les familles pour les tranquilliser, leur redonner un nouveau souffle.

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