Les Jardinières masquées sont dans la place

Comme les Couturières désormais bien connues et dont elles sont proches, les Jardinières mettent le masque pour mener collectivement et anonymement, mais sans se cacher, leurs actions solidaires : en groupe, elles (et ils) investissent des lopins de terre publics pour y planter des comestibles destinés aux habitants de certains quartiers de Tours.

Leurs actions

Régulièrement, les membres actifs de ce mouvement (qui n’est pas constitué en association), rejoints par qui le souhaite, se rendent dans les quartiers de Tours, avec leurs outils et leurs graines, et plantent légumes et fruits sur des parterres publics délaissés. Plus que cela, il s’agit de « faire émerger du comestible au cœur des quartiers pour favoriser leur dynamisation », explique Jeanne, 23 ans, Jardinière de la première heure. Et permettre aux habitants de ces quartiers de se retrouver pour entretenir les espaces qu’ils sont invités à se réapproprier. Car après chaque séance de plantation, le relais est passé aux locaux, sensibilisés à ce moment-là puis par la grâce du bon vieux porte-à-porte. Ça fonctionne, « nous avons des retours très positifs », assure Jeanne. « Plus on fait confiance aux gens, plus ils se sentent responsables. On ne prétend pas créer de l’autosuffisance au sein des quartiers, mais tendre vers une société plus juste, écologique, solidaire. » Une douzaine de quartiers de Tours ont désormais leur lopin : l’île Balzac, la place Strasbourg, la place Foire-le-Roi, Beaujardin, la Grenouillère, le Champ joli, etc.

Qui sont-elles (ils) ?

Bien qu’il y ait un groupe d’une quinzaine de membres actifs, tout le monde peut se dire Jardinière masquée, et faire émerger ce genre d’initiatives dans son quartier. Le mouvement comprend donc des profils très différents, des personnes (autant d’hommes que de femmes) de tous les âges mais évidemment à la fibre écolo extrêmement marquée !

À noter : les Jardinières masquées ne se limitent pas à Tours, d’autres émergent à Poitiers et ailleurs en France.

Implantation dans le paysage

Traitées d’« anarchistes » par la précédente municipalité, face à laquelle elles étaient dans une démarche de désobéissance civile, les jardinières n’ont pas vu, disons-le clairement, d’un mauvais œil le changement à la tête de la mairie de Tours. Des rencontres ont eu lieu récemment avec Betsabée Haas, adjointe à la biodiversité et à la nature en ville, l’objectif étant de pérenniser, avec l’aval des comités de quartier, les espaces créés.

Sur Facebook : @jardinieresmasquees

Sébastien Drouet

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