Le magazine féminin des Orléanaises (depuis 2010)

Les rencontres en ligne ou la culture du coup d’un soir ?

Les histoires d’amour finissent mal en général… Faut-il encore qu’elles commencent, et ce n’est pas gagné quand on cherche l’amour en ligne. Cela fait bien longtemps que « les connections amoureuses » existent et pourtant les âmes seules sont de plus en plus nombreuses. Une enquête* nous éclaire sur le sujet. Aude Grandel

Les premiers sites de rencontres sont venus dépoussiérer les agences matrimoniales, dont beaucoup n’auraient pas osé pousser la porte, « Le Chasseur Français » a dû, lui aussi, perdre bon nombre de ses petites annonces pour cœur à prendre. Cela fait plus de dix-huit ans que l’on se connecte, pour trouver l’âme sœur ! En quelques clics seulement, on peut tout savoir sur ces inconnu(e)s qui comme vous, cherchent une nouvelle histoire. Les discours ne sont pas toujours raccord avec la réalité. En effet, on ne perçoit que ce que l’autre veut bien dévoiler, c’est-à-dire le meilleur de lui-même, comme dans la vraie vie, me direz-vous ! Car quelle personne sensée commencerait par faire étalage de ses travers, de ses phobies, de ses manies et autres vices cachés au premier rendez-vous ? La volonté de plaire mène à bien des mensonges, ou pour le moins à des non-dits. Mais plaire dans quel but ? C’est bien là toute la question, ces connections sont-elles en phase ?

Qui se cache derrière ces sites de rencontres ?

Si de nombreux sites affichent fièrement la parité hommes / femmes dans leurs publicités, les résultats de l’enquête révèlent en réalité qu’ils en sont très loin au niveau global. D’après ces données, pour les hétérosexuels, ce ratio se situerait en moyenne plutôt aux alentours de deux hommes (63 %) pour une femme (37 %). Si la plupart de ces sites sont destinés à des célibataires, ils sont fréquentés en réalité par un nombre élevé de personnes en couple pouvant être à la recherche d’un nouveau partenaire, d’aventures extraconjugales ou de relations virtuelles leur permettant par exemple de tester leur potentiel de séduction, sans forcément aboutir à une relation. Pour les personnes en couple depuis peu de temps, il faut sans doute y voir un effet du syndrome de « la peur de manquer quelque chose » (fear of missing out), sorte d’anxiété sociale particulièrement nourrie par l’usage des réseaux sociaux et qui se traduit par la crainte d’être empêtré dans une relation médiocre alors qu’on pourrait trouver quelqu’un de plus conforme à ses attentes. Chez certains hommes en couple, le maintien d’un profil sur un site peut apparaître ainsi comme un moyen de « laisser la porte ouverte » à une rencontre avec un meilleur partenaire, le tout dans la plus grande discrétion. L’essor de la fréquentation des sites de rencontre semble donc aller de pair avec une certaine démocratisation des profils, ce qui oblige à relativiser quelque peu l’image « haut de gamme » qui peut leur être accolée par le positionnement marketing très « CSP +»  adopté par certains sites.

Des clics sans déclic

Les sites de dating constituent bien des « espaces de flirt appréciés et fréquentés en tant que tels » au point de ne pas avoir toujours pour vocation de passer du virtuel au réel. De par l’anonymat qu’ils garantissent à leurs membres, des jeux de séduction en toute discrétion, et même des jeux sexuels qu’ils n’oseraient pas forcément réaliser en face-à-face, notamment aux jeunes qui ne disposent pas toujours d’un espace propre pour s’adonner à de tels jeux. Ces données mettent ainsi en lumière un décalage intéressant entre le type de relations recherchées par les usagers de ces sites – aspirant à une large majorité (62 %) à nouer des relations sérieuses – et les intentions des partenaires qu’ils ont rencontrés sur ces sites, perçus pour la plupart (66 %) comme des personnes en quête de simples aventures. Si la plupart des sites de rencontre se présentent comme un moyen de trouver l’amour, ils contribuent en réalité peu à la formation de relations de longue durée. Dans les faits, on constate en effet qu’une grande part des rapports sexuels générés par ces sites ne s’inscrivent pas dans un cadre conjugal stable ou durable.

L’usage sexuel de ces sites s’illustre tout particulièrement dans le fait que la majorité des usagers ayant vu au moins un autre membre en vrai ont déjà vécu des « aventures purement sexuelles » (56 %) ou des « relations sans lendemain » (62 %).

À noter toutefois qu’hommes et femmes ne perçoivent pas toujours ces relations de la même manière. Alors que l’impression d’avoir vécu une relation amoureuse est plus répandue chez les femmes (72 %), les hommes sont beaucoup plus nombreux (64 %) que les femmes (32 %) à déclarer avoir déjà eu une relation purement sexuelle.

Signe qu’ils ne s’investissent pas forcément autant que les femmes peuvent le croire.

* Enquête réalisée sur un échantillon de 2 000 personnes « L’observatoire de la rencontre en ligne » IFOP/CAM4.fr. 2015

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