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L’événementiel dans Le rouge

En septembre, la place du Martroi et la statue de Jeanne d’Arc ont été éclairées de rouge trois soirs de suite par les professionnels du secteur événementiel pour alerter sur leur situation plus que critique. Sans rentrée d’argent depuis le mois de mars, sans visibilité, leurs entreprises sont en péril.

Des frais fixes, lourds, à payer chaque mois, sans aucune rentrée d’argent puisque les salons, les conventions d’entreprise, les séminaires, les lancements de produits, les événements familiaux sont annulés les uns après les autres : c’est l’équation impossible que doivent tenter de résoudre les acteurs de l’événementiel, secteur qui, dans le Loiret, pèse 30 à 40 millions d’euros de chiffre d’affaires et 200 emplois, un millier si l’on englobe les nombreux partenaires (traiteurs, loueurs de matériel, etc.) que cette filière occupe. « Notre métier est de faire se rencontrer les gens, or, en ce moment, on empêche les gens de se rencontrer, résume Xavier Chartier, patron d’XCPH (11 salariés). Après le confinement, c’était un peu reparti, avec des commandes pour l’automne, mais tout est de nouveau annulé. » À titre personnel, il ne touche rien depuis des mois, contrairement aux auto-entrepreneurs aidés à hauteur de 1 500 € mensuels (maximum et sous conditions).

Une seule solution prévaut en fait : une aide financière conséquente de l’État qui aiderait ces entreprises à faire face aux échéances en attendant le retour à des temps plus sereins. Mais pour l’instant, rien. « Contrairement à d’autres secteurs très touchés comme l’aéronautique ou l’automobile, nous ne bénéficions d’aucun plan », regrette Denis Labonne. Le patron d’Europ Groupe (23 salariés) à Orléans s’attend à faire 500 000 € de chiffre d’affaires cette année au lieu des 3,7 millions habituels.

Avenir incertain

L’État, sollicité, n’a mis en place que deux dispositifs, qui ne sont pas propres à l’événementiel et ne tiennent donc pas compte de ses spécificités : le chômage partiel, « une bonne chose si ce n’est, indique Denis Labonne, que nos salariés perdent 30 % de salaire » et qu’il ne résout pas la question des charges sociales payées par l’employeur ; les prêts garantis par l’État, qui restent des prêts qu’il faudra de toute façon rembourser.

Mais au-delà des problèmes de trésorerie, qui seraient à la limite gérables sur le court terme, il y a un problème d’activité pure, quasi-inexistante aujourd’hui et qui redémarrera on ne sait quand. « Les plus optimistes envisagent un redécollage en juin prochain », déclare Xavier Chartier, dans le métier depuis 1989. Une profession qui avait connu de fortes turbulences au moment de la première Guerre du Golfe, début 1991. Mais rien à voir avec la situation actuelle et cette frilosité des clients qui ne veulent pas envisager la tenue d’un événement s’ils doivent y renoncer un jour avant (quand bien même les professionnels savent organiser ce genre de choses en toute sécurité).

C’est presque un moindre mal quand on voit que certains passent des jours, des semaines, à monter des stands pour des événements finalement annulés au tout dernier moment par décision préfectorale. Beaucoup de travail et de frais engagés pour rien du tout.

Denis Labonne prévient : « On ne peut pas rester inactifs avec 0 % de chiffre d’affaires pendant encore six mois. » Si rien n’est décidé en très haut lieu, c’est le spectre des fermetures d’entreprises qui se profile.

Sébastien Drouet

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