Maroian appuie sur le champignon

Le trentenaire se lève chaque jour prêt à soulever des montagnes : animé d’une motivation que rien ne saurait mettre en doute, il veut créer sa propre entreprise en conjuguant recyclage et production bio.

Pour bien comprendre la démarche de Maroian El-Haïlouch, il faut revenir quelques années en arrière, car elle est indirectement liée à ses études. Originaire de Romorantin, il arrive à Tours après le bac pour suivre des études de maths, discipline dans laquelle il décroche une licence. « Pendant mes études, j’ai travaillé au palais des Congrès, dans l’organisation et l’accueil, et j’ai remarqué que nous jetions énormément de marc de café. En parallèle, alors que je ne m’y intéressais pas spécialement auparavant, j’ai commencé à lire beaucoup d’articles sur l’écologie, et j’ai pris connaissance d’initiatives, partout dans le monde, de gens qui recyclent le marc de café pour faire pousser des champignons. » Recycler, créer de l’emploi et produire de l’alimentaire : la combinaison fait tilt dans le cerveau du jeune homme, qui cherche justement une bonne idée pour créer sa boîte. Certes, le principe existe déjà, mais pas dans notre région. Le principe ? Plutôt qu’utiliser la paille, qui doit être stérilisée au préalable (pour éviter la venue d’autres champignons, indésirables ceux-là), utiliser comme substrat le marc qui, lui, a l’intérêt d’avoir déjà été stérilisé lors de la torréfaction et de l’extraction de l’arôme. Le modèle de Maroian s’appuierait sur, d’un côté, la récupération du marc auprès des grands établissements tourangeaux sans que cela ne leur coûte, et de l’autre côté – c’est la finalité – la vente de ses pleurotes et shiitakés.

Pour l’instant, le jeune homme en est au tout débutde son aventure, à la recherche d’un local d’où il pourra sortir ses premières productions après avoir investi dans une installation (deux box hydroponiques, une pour le développement du mycélium, une pour celui des champignons). Un stage chez un champignonniste d’Azay-le-Rideau est prévu, pour bien connaître le métier, avant de passer aux choses vraiment sérieuses et pourquoi pas, au bout d’un moment, multiplier les sites de production. En tout cas, les premiers essais de culture ont été concluants, et on sent notre interlocuteur pressé de se lancer dans le vif du sujet : « Ça me passionne, je serai fier de porter ce projet et de contribuer à changer les mentalités. » 

Sur Facebook : UpChampi (ou @UpChampi37)
upchampi37@gmail.com

 

Bio express
11/11/1989 : naissance à Romorantin-Lanthenay
09/2005 : arrivée à Tours
2011 : licence de maths
27/01/2020 : début de Talent Up

 

Avec Talent Up
« Ça fait un an et demi que j’ai des rendez-vous avec des institutions qui pourraient m’aider, mais je ne suis jamais compris à 100 % », nous dit Maroian. Pas compris, sauf par Talent Up, un incubateur d’entreprises éco-responsables mis en place par la Chambre de Métiers et de l’Artisanat. La première promotion de 7 entrepreneurs suivis, conseillés, encouragés par Talent Up est née cette année, en janvier. Le but est d’aider les porteurs de projet, à travers un programme d’accompagnement et de mise en réseau, à créer une entreprise viable, sans sortir des clous de l’éco-responsabilité et du projet initial.

Sur Facebook : @TalentUPbyCMA


Sébastien Drouet

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