Le magazine féminin des Orléanaises (depuis 2010)

Mère-fille, de l’intimité vers l’indépendance

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mere-fille-intimite-vers-independanceFaites de tendresse, de rivalité, d’autorité, de séparation et de retrouvailles, les relations mère-fille sont complexes, voici leurs principales étapes.

Nous passerons sur la période d’attachement commune à tous les nourrissons quel que soient leur sexe. A l’âge de la marche et du début de l’autonomie, la petite fille entre dans un processus d’imitation de sa mère : à la crèche elle joue déjà à la poupée. La construction narcissique de l’enfant se fera à travers le regard bienveillant que de sa mère porte sur elle, sa valeur se construit, entre autres, à travers ce regard. Puis, après avoir pris conscience de l’existence de la différence des sexes et de son positionnement en tant que fille (entre 5 et 8 ans), elle va désinvestir sa maman pour tenter de séduire son père, ce qui la place dans une situation délicate : la mère est à la fois son modèle et sa rivale. Ce processus de séparation mère-fille peut être accompagné en toute quiétude, pour que l’enfant prenne confiance en lui. Malheureusement certaines femmes supportent mal la relation père fille, elles se sentent rejetées par l’un et l’autre. Si les parents sont bien dans leur couple cette période se passera plus facilement. Puis, une fois l’étape d’Œdipe dépassée, la fillette va idéaliser sa maman, ce qui est un besoin sain à cette période, elle se construit sur la confiance en sa mère. Il est important de valoriser sa fille, de ne pas rester focalisé sur des défauts ou des échecs. Au fur et à mesure que la fillette découvre un univers extérieur (l’école, les copines) les conflits avec sa mère s’estompent, ils sont mis entre parenthèses, jusqu’à l’adolescence. La fille se réalise de façon personnelle en allant à la découverte du monde. Le regard de la jeune fille sur sa mère évolue, car il est normal qu’en grandissant, elle ne soit plus dans l’idéalisation de sa mère.

Rivalité structurante

À l’adolescence, période de la transformation physique, la jeune fille va avoir des atouts de féminité, c’est le moment où la rivalité mère-fille est exacerbée. Cette opposition est saine. L’adolescente qui exprime son désaccord se structure, elle existe hors du désir maternel. La fille veut se différencier de sa mère, elle veut savoir qui elle est. Son corps et sa sexualité lui appartiennent. Après lui avoir donnée tous les outils pour qu’elle assume sa sécurité, et sous cette condition, il est temps pour la mère de lâcher prise et de faire confiance. Certaines mères vivent mal cette nouvelle autonomie, car « voir grandir sa fille, c’est se voir vieillir aussi ». Si la mère est incertaine de sa féminité alors elle rentre en rivalité avec sa fille. La mère n’est pas responsable de tout, le rôle du père est également essentiel, son regard peut valoriser l’adolescente, lui donner du courage pour avancer, il est là pour rééquilibrer les choses.
L’arrivée des premières règles est un phénomène marquant. L’attitude de la mère à ce moment pourra apporter beaucoup. Si elle est gênée (ce mal aise est souvent transmis par sa propre mère, elle-même gênée) de voir sa fille devenir femme, elle restera dans le non-dit. Elle aura du mal à apporter les éléments nécessaires à la jeune adolescente pour prendre soin d’elle, face à ces premières règles de la vie. Chaque mois, la fille vit la menstruation comme un rappel de sa féminité, de sa fécondité. Il est souhaitable que les mères s’ouvrent et ne fassent pas de la menstruation de leurs filles un tabou ou un drame (mise en garde contre le risque de grossesse qui devient une menace et plus une heureuse perspective) mais qu’elles leur souhaitent la bienvenue dans le monde des femmes. Ce sang signifie la possibilité de donner la vie. Différentes cultures et éducations induisent une honte vis-à-vis des règles, la honte d’une part de sa féminité.
Autrefois les mères transmettaient la maternité à leurs filles, aujourd’hui on est capable de penser au rôle social, professionnel de celles-ci. Il faut leur transmettre la féminité et l’idée que le corps des femmes n’est pas là uniquement pour enfanter mais aussi pour avoir et donner du plaisir. La sexualité reste encore un dialogue difficile entre mère et fille, dans un contexte sociétal où l’homme et la femme sont encore en recherche l’un de l’autre.
Parler ouvertement des relations hommes-femmes avec sa fille ne doit pas être un récit de ses propres expériences. Un étalage de sa vie intime placerait sa fille dans un discours où elle n’aurait pas sa place de jeune adolescente, chacun ayant sa propre expérience de vie intime. Quand la fille devient elle-même mère, ses relations à sa propre mère évoluent. Elle va trouver des similitudes, avoir de l’empathie pour celle qui l’a élevée et elle va aussi panser des événements qui ont été difficiles avec elle. Elle peut comprend ce que sa mère a vécu.
De la fillette à la femme il y a un long chemin à parcourir, avec des étapes essentielles à la construction de la féminité. Quoi qu’il en soit pour devenir femme, il faut « tuer » sa mère, il faut la mettre de côté, pour se réaliser soi-même et exister, ce qui n’empêche pas de la respecter totalement…

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