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Moins de viande : quels bienfaits pour la santé ?

Nutrition-Edith

Si banaliser sa consommation de viande est dangereux pour l’environnement, cela l’est aussi pour notre santé. Le Dr Jean-Paul Curtay alerte sur les conséquences d’une surconsommation et propose des alternatives.
M.K.

Àl’heure où les scandales sanitaires et le traitement réservé aux animaux dans les abattoirs donnent du grain à moudre aux défenseurs de la cause animale, les Français sont de plus en plus nombreux à suivre la voie du flexitarisme, c’est-à-dire une alimentation basée sur une consommation de viande raisonnée (40 % selon un sondage Ifop 2017). En parallèle, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) alerte depuis longtemps sur le caractère cancérogène de la viande rouge. Il ne fait donc désormais plus de doute que la surconsommation de produits carnés impacte négativement notre santé. Pour en savoir plus, nous avons fait le point avec le Dr Jean-Paul Curtay, spécialiste de la nutrition et coauteur de Moins de viande, sorti cette année aux éditions Solar.

Une trop grande consommation de viande

Chaque année dans le monde, ce sont plus de 300 millions de tonnes de viande qui sont consommées d’après l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). En France, cela correspond à onze repas carnés par semaine et par personne. Un chiffre bien au-dessus des recommandations officielles, qui préconisent trois ou quatre portions par semaine… Le problème, c’est qu’il a été démontré à plusieurs reprises que l’excès de protéines animales était un facteur de maladies cardiovasculaires, neurodégénératives, de diabète, de surpoids et de pathologies inflammatoires.

Prévention des maladies cardiaques, neurodégénératives et du diabète

Comme l’explique le Dr Curtay dans son ouvrage, « la consommation de viande rouge augmente le risque de décès pour neuf causes différentes (cancer, pathologies cardiaque et respiratoire, accident vasculaire cérébral, diabète, infections, maladie d’Alzheimer, insuffisance rénale chronique, insuffisance hépatique). D’autres études démontrent que la consommation banalisée de viande est un facteur de risque de surpoids, d’hypertension, de maladie inflammatoire chronique et de dépression ». En effet, si l’on ne peut pas attribuer toutes ces pathologies à la seule consommation de viande (il existe d’autres facteurs, notamment environnementaux), il semblerait que manger quotidiennement 50 g de viande transformée élève de 14 % les risques d’accident vasculaire cérébral et de 24 % la mortalité cardiovasculaire. Une portion de viande rouge par jour accroît aussi de 10 % la mortalité par cancer. Manger moins de produits carnés, mais aussi de poisson et de produits laitiers, aurait donc un double effet positif : d’abord, réduire les impacts inflammatoires (la viande contient en effet beaucoup de fer qui, en trop grande quantité, est mauvais pour notre organisme), les risques de surpoids et, sur le long terme, les maladies cardiovasculaires et neurodégénératives. Ensuite, cette réduction de consommation se fait au profit des végétaux, de précieux anti-inflammatoires qui protègent de nombreuses pathologies.

Quelle alimentation adopter ?

Que faut-il alors manger pour ne pas mettre sa santé en danger ? L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) préconise de ne pas dépasser 70 g de viande et 25 g de charcuterie par jour et de privilégier les légumineuses. Oubliées à tort dans nos assiettes, elles contiennent entre 20 et 30 % de protéines, là où la viande et le poisson n’en possèdent pas plus de 25 %. Si elles sont aussi riches en glucides, le Dr Curtay rassure : « leur index glycémique est le plus bas de tous les aliments ». De plus, le spécialiste recommande d’oublier le poulet, « trop inflammatoire et pauvre en fer », au profit de la viande rouge, notamment le bœuf, pour « les femmes enceintes et les enfants en pleine croissance » qui peuvent en consommer régulièrement. Pour les autres, une seule fois par semaine suffit, en privilégiant des viandes de qualité et bio. Si le docteur prône un régime flexitarien, il rappelle également que « consommer moins de viande est l’un des gestes les plus puissants que l’on puisse faire pour sa santé, pour l’environnement, le réchauffement climatique et le bien-être animal ».

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