Le magazine féminin des Orléanaises (depuis 2010)

Noël et belle-famille un cocktail explosif ?

Rien qu’à l’idée de partager les fêtes de fin d’année avec votre belle-famille, vous en perdez l’appétit… Mais pourquoi les relations avec notre belle famille sont-elles souvent, voire toujours, délicates ?

 

Votre belle-mère ressemble-t-elle à une dinde, vos belles-sœurs jouent-elles les pintades ? En voyant votre beau-père résigné, vous vous dites : « Pourvu que Marcel ne tourne pas comme lui ! » Mais ce ne sont pas des raisons pour gâcher les fêtes de Noël.

Chacun investit beaucoup (au propre comme au figuré) dans cette fête sacrée. On a envie que tout soit « parfait », à l’instar de la bûche qui clôturera le festin et marquera peut-être le début des hostilités. Les réunions de famille sont parfois propices aux règlements de comptes. Le sentiment d’injustice dans la fratrie, les cadeaux mal choisis, ou mal perçus, les non-dits qui remontent à la surface… Pourquoi ce rendez-vous annuel tourne-t-il parfois au vinaigre ? À en croire la psychothérapeute Nicole Prieur, « cette fête est particulièrement investie. Il y a déjà un contexte de la société qui survalorise cette fête. Elle continue à garder un côté un peu sacré, même si elle est largement laïque. Et elle symbolise la fête de l’espoir, de la générosité, de la joie. D’où les déceptions encore plus grandes ».

Si cela peut vous consoler, vous n’êtes pas la seule à vivre ces petits accrocs familiaux. Ces témoignages d’Orléanaises sur les fêtes de Noël dans leur belle-famille vous en convaincront !

 

Isabelle*, mère au foyer de 42 ans, quatre enfants de 16, 15, 11 et 5 ans

Les relations avec sa belle-mère n’auraient pas pu plus mal commencer pour Isabelle. Lors de ses fiançailles, la mère d’Isabelle a fait un malaise cardiaque et celle qui allait devenir pour la vie sa belle-mère n’a trouvé comme commentaire qu’un laconique « tout de même, ça a gâché la fête ! » No comment ! Dès lors, les relations ne pouvaient pas être complices. Il s’en est suivi, depuis quinze ans, un festival de situations compliquées et usantes.

Son astuce pour survivre ?  Une bonne humeur à toute épreuve et beaucoup d’humour ! Isabelle a affublé sa belle-mère d’un surnom qui fait office d’exutoire lorsqu’elle en parle avec ses copines – parfois même avec son mari, mais pas devant les enfants évidemment ! En sa présence, Isabelle, d’habitude spontanée et pipelette, devient muette comme une carpe et sage comme une image. Une jolie façon de se protéger.

Marion*, 35 ans, assistante comptable, deux enfants de 9 et 7 ans

Le problème dans les grandes familles, c’est qu’il y a matière à comparer ! Et la belle-mère de Marion est championne en la matière… Tout y passe : la façon de s’habiller, les recettes de cuisine, les goûts en déco et même l’éducation des enfants – damned ! Une comparaison difficilement supportable entre frères, sœurs, beaux-frères et belles-sœurs, mais encore plus compliquée quand elle glisse du côté de la jeunesse de la belle-mère de Marion.

Son astuce pour survivre : ne pas installer de rituel, changer chaque année la formule « Noël ». Un brunch, une année ; un goûter, la suivante ; un buffet de sushis pour une autre. Pas moyen de comparer et une façon de se réunir autrement. Une bonne idée à piquer !

 

Gaëlle, 35 ans, professeur des écoles

« Les soirs de Noël de mon enfance étaient magiques. On décorait la maison, mon père nous faisait écouter des chants de Noël, et on s’endormait en rêvant des cadeaux qu’on allait déballer le lendemain matin…

Dans ma belle-famille, le plus important est de faire une bonne bouffe, et, à peine la dernière bouchée engloutie, ma belle-mère a la manie d’envoyer les enfants se jeter sur leurs paquets, comme des consommateurs avides. Cela m’énerve au plus haut point. »

Son astuce pour survivre :« Rester zen, car je sais bien que je ne pourrai rien changer. »

 

Agathe, quatre enfants de 11, 9, 6 et 2 ans

« Le choix des cadeaux de Noël est un sujet plus que délicat dans ma famille, car j’ai un frère et une belle-sœur qui ont l’habitude de couvrir leur fils de cadeaux dernier cri et très chers. Forcément, au moment de la distribution, nos enfants tiquent et se sentent lésés. »

Son astuce pour survivre : « Cette année, j’ai suggéré à mon frère et ma belle-sœur de donner une partie de leurs cadeaux chez eux, en dehors du rassemblement familial. »

 

Bénédicte, 28 ans, jeune mariée sans enfant

« Choisir un cadeau pour mes beaux-parents qui ont déjà tout ou presque, avec un budget un peu serré, c’était un peu prenant. La première année, j’ai bien senti que j’étais tombée à côté. »

Son astuce pour survivre : « Cela fait deux ans que je leur offre des places de théâtre. C’est l’occasion de se retrouver tout les quatre pour une soirée. »

 

Chloé, 35 ans, divorcée, deux enfants

« Quand je pense à Noël, ma belle-mère ne me manque pas, elle affichait une moue quand elle ouvrait le cadeau que j’avais pris soin de choisir, elle réclamait toujours le ticket d’échange. »

Son astuce pour survivre : « J’ai compris qu’elle attachait plus d’importance à la marque inscrite sur le paquet. J’ai fini par changer le papier cadeau pour emballer un cadeau acheté chez Palaf. »

 

Marie-Christine, 42 ans, deux enfants

« Mon beau-père de 75 ans tient encore et toujours à se déguiser en Père Noël le soir du Réveillon… À vrai dire, il ne se rend pas compte que ça n’amuse plus que lui, et que nos enfants, à 9 ans et plus, n’y croient plus du tout. »

Son astuce pour survivre : « On en rit entre nous : Ça y est v’là papi qui recommence avec son bonnet rouge ! Finalement, peut-être que ça nous manquerait s’il ne le faisait plus ?… » λ

* par discrétion, les prénoms des témoins ont été changés…

Interview de Nicole Prieur, Noël en famille : « jouer le rôle qu’on nous assigne » dans Le Monde.fr | 16.12.09

 

L’AVIS DE LA PSY

Questions à
Christine Léon-Guérin, psychologue clinicienne et thérapeute familiale.

 

Pourquoi les réunions de famille font-elles éclater certains non-dits ?

Le cercle familial décrète certaines émotions comme bonnes et d’autres comme mauvaises, il décide aussi ce qui doit et ne doit pas se dire. Ainsi, naissent les non-dits. Les réunions de famille sont des moments opportuns pour la libre communication de chacun. Si le désir est toujours qu’elles soient des moments de rassemblement, d’intégration, de communion, elles peuvent aussi devenir le contraire où les différences de point de vue, de sensibilité s’affrontent. Les repas de famille sont une succession d’interactions, d’échanges interpersonnels chargés d’émotions, et ce qui était verrouillé est libéré.

 

Comment bien composer avec sa belle-famille ?

C’est une question difficile car tout dépend des points communs et des affinités. Bien composer, c’est faire le maximum pour composer de « bonnes relations » afin de protéger les moments que l’on désire vivre ensemble, des moments de bonheur, de joie. Il est important de ne pas penser qu’on sait pour l’autre et de ne pas éviter les sujets qui fâchent, car une relation saine se construit dans le dialogue.

 

Mésentente avec sa belle-mère : mythe ou réalité ?

Sur cette question, Christine Léon-Guérin casse le mythe justement. Dans le cadre de ses consultations, elle rencontre très souvent des familles où il y a une bonne entente, voire une réelle complicité entre belle-mère et belle-fille. Il faut donc tordre le cou à ce cliché !

 

 

À lire

• Petits Règlements de comptes en famille
Nicole Prieur, psychothérapeute de formation philosophique, décode le fonctionnement de notre calculette inconsciente. Elle décrypte le livre de comptes familial, selon les tranches d’âge et les étapes de la vie. Mais elle démontre surtout qu’il n’est pas nécessaire d’avoir réglé ses comptes familiaux pour devenir soi et s’accomplir.

éditions Alain Michel

• Pourquoi les hommes détestent les courses de Noël et les femmes font tout un plat des repas de fête ?
Vous vous reconnaîtrez certainement dans toutes les questions qui sont le lot quotidien de la plupart des couples pendant les fêtes de fin d’année… Guide de survie à destination des couples pendant les fêtes… et bien au-delà !

éditions First

•200 histoires
Histoires drôles, citations, aphorismes… 

éditions First

 

À (re) Voir

La Bûche
de Danièle Thompson 1999

Les préparatifs de Noël sont l’occasion pour trois sœurs et leur famille de laisser remonter des rancœurs, d’avouer des infidélités, de dévoiler des secrets, de se réconcilier.

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