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Panique sous Les tropiques

Deux étudiantes en médecine de la fac de Tours se sont lancées dans une aventure pas banale : l’écriture, la mise en scène et l’interprétation d’une pièce de théâtre. Tout est parti d’un voyage au COSTA RICA et d’une tentative d’enlèvement dont elles ont été victimes…

Février 2018, San José (Costa Rica) : Cloé Foucher et Maëva Bardin, deux étudiantes en 4e année de médecine, alors en stage dans un hôpital de la capitale costaricienne, décident de passer une soirée en ville. En revenant chez elles, dans un quartier plutôt chic, un véhicule s’approche, des hommes les interpellent et tentent de les faire entrer à l’intérieur. Seule réaction possible devant cette agression : la fuite. Les deux Tourangelles l’ont échappé belle, mais après coup, outre le choc lié à cette attaque, l’absence de compréhension et de soutien de la part de leur entourage, qu’il s’agisse des autres stagiaires ou des personnes évoluant en même temps qu’elles à l’hôpital, les laissera pour le moins perplexes. Surtout qu’elles seront « invitées » par ces mêmes personnes à ne pas en parler à la police…

Le traumatisme, lui, même de retour en France et plusieurs mois après, est encore présent. Pour le dompter, Cloé et Maëva ont décidé de s’en saisir et de partager leur histoire, de montrer ce qu’elles ont vécu, sous la forme d’un spectacle mêlant théâtre, danse et média audiovisuel, intitulé Viaje Experimental, qu’elles jouent toutes les deux : « L’art est le moyen d’expression que nous avons trouvé pour se dire que la vie continue. » Les répétitions se sont enchaînées jusqu’à parvenir à la restitution en public, avec décors et costumes. La première du spectacle d’1 h 20 a eu lieu le 6 décembre dernier salle Jacques-Villeret, à Tours, en conclusion d’une résidence d’une semaine. Viaje Experimental existe, il s’agira, dès que la crise du Covid-19 sera terminée, de le montrer en France ou ailleurs, l’objectif final étant de le jouer au Costa Rica, dans le cadre d’un grand festival.

Suite dans les idées

Pour mener à bien ce projet et les suivants, toujours à dominante interculturelle et féministe, Cloé et Maëva ont constitué une association, nommée La Tica, le nom donné là-bas aux jeunes femmes. La Tica, à travers le spectacle vivant, souhaite montrer la réalité des choses vécues dans ce pays loin d’être paradisiaque, contrairement à ce que laissent penser les brochures des agences de voyage. « Nous avons été choquées par la condition de la femme, explique Maëva. Elle doit être potiche, prendre soin de ses cheveux, et supporter les réflexions dans la rue, même de la part d’autres femmes. » « Dans notre spectacle, nous établissons un parallèle avec la condition féminine en France, intervient Cloé. Au Costa Rica, il n’y a pas l’IVG, les droits ne sont pas les mêmes. Cela dit, c’est un pays qui bouge sur ce plan-là. » Durant les six mois passés en Amérique centrale, il s’est aussi déroulé de belles choses, de belles rencontres, que racontent nos deux comédiennes qui ne sont pas totalement néophytes en matière d’art scénique : Maëva a pratiqué la danse, tandis que Cloé a déjà fait du théâtre. Un duo à suivre et qui, en attendant de soigner les maux, soigne ses mots.

Pour ne pas rater leurs prochaines représentations, consultez
leur page Facebook : @LaTicaFR

Sébastien Drouet

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