Le magazine féminin des Orléanaises (depuis 2010)

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Book crossing
Book crossing (livre voyageur)

Partager son canapé avec un inconnu, se refiler des livres sans se rencontrer… Échanger, troquer, vendre et acheter sans intermédiaire : voici venu le temps du « C TO C » (prononcez « citouci ») ! Nous sommes déjà 48 %* à nous y adonner, et vous ne savez toujours pas ce que c’est ? Edith partage ses connaissances avec vous… 

Pour une révolution, même si elle est de velours, c’est une révolution : l’individualiste forcené, représentatif de notre société hyper-consumériste, serait-il donc en voie de disparition ? Partout, on n’entend plus parler que de « co-voiturage », « co-working », « co-lunching », « co-learning » (la liste est longue), ce goût de plus en plus partagé pour le partage, justement, pour l’échange de services, de savoir-faire, ou l’utilisation en commun d’un ou plusieurs biens de consommation. Le « tout-collaboratif », c’est LA tendance. Il se conjugue dans notre quotidien, mais pas uniquement : il fait aussi partie de la stratégie des grandes marques qui vous sollicitent pour établir leur nouveau plan marketing.

La révolution Internet

C’est l’explosion des réseaux sociaux, leur utilisation partout (merci les smartphones), tout le temps et par tout le monde, qui est, avec la mise en ligne de sites Internet spécialisés, formidables plateformes où se postent les petites annonces d’échanges de services ou de biens, l’un des facteurs qui ont permis l’éclosion de cette économie alternative. L’autre étant, bien sûr, la crise, qui nous oblige à trouver des solutions, souvent ingénieuses, pour dépenser moins. De là sont parties d’innombrables initiatives balayant tous les domaines de la vie courante : transport, tourisme, connaissance, habillement, restauration, simples coups de main

Multiformes

L’économie collaborative revêt des formes diverses et variées : ce peut être le troc, bien sûr, à travers les SEL (systèmes d’échanges locaux) par exemple, qui permettent d’échanger à peu près tout ce qui existe, y compris des services, une heure de service rendu équivalant à une heure de service « mérité » – mais le troc peut évidemment se faire en-dehors d’un système organisé, par le biais de certains sites Internet spécialisés dans les échanges. Ce peut être aussi l’adhésion à une Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne (AMAP), qui consiste à s’engager auprès d’une ferme pour lui acheter ses productions, sous la forme, généralement, de paniers régulièrement distribués en fonction de ce qui est récolté. Vous voulez d’autres exemples ? Le co-voiturage, ou la location de biens, à un prix défiant toute concurrence, ou la vente des biens et l’achat groupé, chacun utilisant le bien acquis à tour de rôle et en promettant de le rendre en bon état…

Don et solidarité

Les systèmes énumérés plus haut sont déjà anciens. D’autres ont fait leur apparition ces dernières années, avec des noms à faire se retourner Maître Capello dans sa tombe : le crowdfunding, qui fait appel à la solidarité pour aider à sortir de terre des projets bien concrets, ou encore le crowdsourcing, dans lequel les internautes sont sollicités pour créer des contenus ou répondre à des requêtes.N’oublions pas la cohabitation, enfin. Ne concernant pas seulement la colocation ou le couchsurfing (le fait d’accueillir des voyageurs chez soi), la cohabitation fonctionne sur le principe du don, de temps ou de matériel : on partage un trajet, un réseau wifi, une récolte, un bureau (co-working), un repas…

T’as le look co-co

L’économie collaborative n’est plus le fait des gentils altermondialistes ou utopistes d’il y a trois ou quatre ans. En peu de temps, à peu près toutes les tranches d’âge, toutes les CSP, s’y sont mises, même si les retraités n’ont (encore) pas adhéré en masse au principe, contrairement aux ménages avec enfants. S’il n’y a pas de profils types de consommateurs collaboratifs, chaque type de pratique a ses adeptes : les adhérents d’AMAP habitent plutôt dans les grandes villes et sont en majorité des femmes, tandis que les aficionados du co-voiturage sont plutôt des hommes qui vivent dans des villes de moins de 20 000 habitants.

Consomm’acteurs avant tout

Les motivations, elles aussi, varient. Ceux qui pratiquent les échanges, les achats groupés, ou le troc mettent en avant, évidemment, des économies non négligeables, tandis que les adeptes du co-voiturage ou les amateurs de paniers bio font état de préoccupations environnementales – même si, dans le premier cas au moins, le gain d’argent n’est pas absent. Les sociologues mettent en avant un point fondamental : l’ensemble des consommateurs alternatifs, citoyens parfaitement responsables et intégrés, ne sont pas en lutte ouverte contre la société de consommation. Si ce n’est pas consommer moins qui les anime, c’est à coup sûr consommer mieux, local, écologique. Et s’ils peuvent être agacés – comme tout le monde – par le gâchis, l’obsolescence programmée, la course au toujours plus, c’est souvent l’échange avec l’autre qui est recherché, voire le service pour le service. Rassurant, non ?

*Source : étude IPSOS de juillet 2013, « Les Français et les pratiques collaboratives »

 

Le linge sale ne se lave plus en famille

Un jour, un étudiant se retrouve devant
sa laverie habituelle définitivement fermée. C’est comme cela qu’est née l’idée de cette plateforme qui met en relation les propriétaires de lave-linge avec « des sans machine fixe ». Déjà 2 600 machines sur ce site pour 2 ou 3 €, et parfois un café offert.

www.lamachineduvoisin.fr

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