Le magazine féminin des Orléanaises (depuis 2010)

Pierre Queuille, Plâtre pays

Artiste « plasti-chien », comme il prend un malin plaisir à s’appeler, le fondateur de la galerie Play Time, rue de Bourgogne, a toujours eu la frite. Au propre comme au figuré…

Un jour plus tard, son discours aurait peut-être été différent. Mais le matin du 7 janvier, Pierre Queuille, derrière sa moustache foisonnante, répétait à l’envi qu’il « fallait vivre avec plein de joie et d’autodérision ». À l’heure où il prononçait ces mots, Charlie Hebdo était attaqué. Et lui disait, sans connaître le drame qui se jouait alors, qu’il voulait mourir comme Molière. Sur sa scène à lui. « Dans ce plâtre » qu’il maîtrise à la perfection.

On avait déjà piétiné un peu ses « plâtre-bandes », à l’arrière de la galerie Play Time, où il travaille ses lustres massifs et ces animaux rigolos. Un Jack Russel, par exemple, dont la tête et le corps sont reliés par un ressort apparent. « Très important, le ressort. Sinon, je ne l’aurais pas fait. » Une tête de vache. Des caricatures de Gainsbourg, Hallyday, Bashung : des types un peu frappés. Et la référence à Tati, toujours. « J’aime bien, c’est plein de poésie et d’humour. » Un humour sans trop de mots. Pas surprenant : « Je suis un peu solitaire, admet d’ailleurs le bonhomme. Je vais rarement dans les trucs où il y a beaucoup de monde ».

« Une vie plan-plan, c’est pas mon truc »

Le monde, Pierre Queuille a passé des années à le voir défiler à sa table. C’était au Plat Pays, un moule-frites qu’il dirigea pendant 25 ans. « À cette époque, il n’y avait pas grand-chose à Orléans. Aujourd’hui, on m’en parle encore, de ce restaurant. » Mais pourquoi un moule-frites, d’abord ? À l’horizon, pas d’accent belge, pourtant. « Mon père l’était », explique cet homme qui se définit comme un « entrepreneur et un fonceur ». Et qui d’ailleurs, une fois sa « maison payée », décida de « vraiment faire » ce dont il avait envie. La sculpture, donc, dont il s’imprégna avec l’aide de Benoît Vieubled, un autre plasticien orléanais, qui l’a poussé « à aller vers le haut, au fond de (ses) idées ». Le tandem fonctionne toujours ensemble. « Il trouve
les commandes, et moi je fais », sourit Pierre Queuille, à qui les instituteurs ont toujours demandé s’il était de la famille d’Henri Queuille, ancien président du Conseil sous la IVe République. « C’était mon grand-oncle. Mais je ne l’ai jamais vu. »

Belle antécédence familiale, exemple de réussite.
À sa manière, son petit-neveu s’est bien débrouillé, lui aussi. Malgré des études d’anglais « non poursuivies » à Clermont-Ferrand, qui furent précédées d’un séjour de deux ans à Londres. « J’aurais aimé être instit et faire les Beaux-Arts, confie-t-il. Mais mon père m’a dit : ” Que nenni “. J’étais littéraire, il voulait que je sois scientifique. » Mais il faut croire qu’un artiste, même contrarié, le demeure toujours. Ayant fini par trouver sa voie, Pierre Queuille ne paraît pas pressé d’en dévier. « La mort, il n’y a que ça qui me fera arrêter ! Je suis le plus heureux des hommes, j’ai une femme que j’aime depuis trente ans… C’est cool. Mais ça n’empêche qu’on ne sait pas ce qui peut arriver dans les mois qui viennent… » Il y a même des moments où l’on ne sait pas ce qu’il est en train de se passer à 150 km de là.

 

Bio express

17/04/1951 : naissance à Vierzon
1980 : crée le restaurant Le Plat Pays, à Orléans
2008 : ouvre la galerie Mon Oncle
2013 : fonde la galerie Play Time

 

 

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