Le magazine féminin des Orléanaises (depuis 2010)

Pour les solos, pas facile de former un duo !

Les dernières statistiques mettent en évidence la difficulté de reconstruire une vie de couple pour les parents célibataires. Une psy nous livre son point de vue.

 

S’engager au bon moment

Il est essentiel de faire le point sur son passé amoureux. « Faire le deuil de sa relation précédente est une expression couramment utilisée, explique Élodie Lecomte, mais elle prend tout son sens au moment d’un nouvel engagement affectif. » En effet, si devant cet amour naissant la personne prend la fuite, si l’individu choisit comme référence des habitudes passées ou si les rapports avec ses ex-conjoints ne sont pas d’une extrême clarté, il faudra de toute évidence un peu plus de temps pour avancer de nouveau à deux. Reste ensuite à savoir quelle direction on souhaite prendre, et là, c’est bien entendu la sincérité – envers soi-même comme envers l’autre – qui prime. Il est important d’être mâture et réfléchi, honnête avec soi-même pour être honnête avec un partenaire potentiel. Celui-ci ou celle-ci est en droit de savoir à quel type de relation il doit s’attendre. Et si la relation précédente a été particulièrement douloureuse, il n’est pas inutile de se faire aider par un psychologue pour se délester de ses mauvais souvenirs (rupture non désirée, divorce compliqué, deuil…).

 

Comment parler à ses enfants de cette nouvelle relation ?

Les parents célibataires hésitent souvent à bouleverser la vie de leurs enfants en leur imposant un nouveau conjoint. D’où la nécessité de ne pas s’engager à la légère, pour éviter une nouvelle séparation. Pour qu’une recomposition familiale se passe le mieux possible, il faut accorder du temps : tout d’abord à soi-même dans la construction de son couple et de ses sentiments amoureux, et également à ses enfants dans la rencontre avec ce nouveau membre de la famille qui va partager leur vie. En effet, rencontrer la personne aimée par son parent est, malgré toute la délicatesse du monde, très perturbant pour un enfant. Cet « étranger » va dans un premier temps briser tous ses espoirs, conscients ou non, de voir à nouveau ses parents s’aimer et vivre ensemble. Il vient aussi rompre un quotidien, un équilibre qui a mis du temps à se réinstaller. Si ce nouveau partenaire est accompagné de ses propres enfants, il va falloir composer avec de nouvelles personnalités auxquelles l’enfant n’était pas préparé. Il s’agit donc de ne pas présenter tous les amants potentiels qui entrent dans la vie d’un père ou d’une mère, mais bien « LA » personne avec qui le parent envisage de refaire sa vie. « Dans cette nouvelle dynamique à établir, il faut laisser à chacun le temps nécessaire pour s’ajuster à l’autre », souligne Élodie Lecomte.

 

Ne pas se sentir coupable de refaire sa vie

Certains parents célibataires s’enferment dans un quotidien, centré autour de leur(s) enfant(s) et de leur travail. Si cela résulte de la nécessité de retrouver un équilibre après une séparation, cette situation peut vite devenir pesante et nocive. Très souvent, le déséquilibre survient du côté du parent qui a été quitté et pour lequel cette rupture vient réactiver une angoisse d’abandon. Soit le parent en question se rattache à l’objet d’amour sur lequel il a le plus d’emprise – son ou ses enfant(s) –,
soit il va engager des rencontres amoureuses qui, par son comportement ou par la personnalité de l’être choisi, seront toujours vouées à l’échec. Ces difficultés ressurgissent car le parent célibataire ne s’est jamais consacré un temps d’introspection. Il est facile de comprendre que lorsque la personne concernée est dégagée de ses blocages passés et qu’elle est en paix avec elle-même, elle avance sereinement en sachant qu’elle a le droit d’être aimée. Et Élodie Lecomte de conclure : « Quand ce cheminement est effectué, la culpabilité potentielle de refaire sa vie avec une autre personne n’apparaît pas (ou plus) ! »

 

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