Le magazine féminin des Orléanaises (depuis 2010)

Rafika, capitaine des Panthères…

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rafika-capitaine-pantheresHandballeuse à Fleury-les-Aubrais, Rafika Marzouk fait trembler défenses et filets. Exemple pour les jeunes générations, elle jette, à 31 ans, un regard lucide et attendrissant sur une carrière bien remplie.

À l’été 2012, sa première vie s’arrêtera, près de dix-sept ans après que la jeune adolescente de Sousse a foulé ses premiers parquets. Souvenirs… « Au départ, je n’avais aucune perspective professionnelle,. Moi, ma vraie passion, c’était le tennis », raconte-t-elle avec un brin de timidité dans la voix. Mais dans son pays, le hand est le 2e sport roi et Rafika possède des qualités physiques et mentales qui vont faire basculer son destin. Elle gravit les échelons aussi vite que le nombre de buts qu’elle marque : sélectionnée en équipe nationale à… 16 ans, elle arrive en France au milieu de l’année 1999. Elle n’en repartira plus. Repérée par des clubs du Sud, elle va ensuite sillonner l’Hexagone avant d’arriver à Fleury, à l’été 2010, et d’y prendre de suite le brassard de capitaine. Le privilège de l’âge ?
L’expérience des sages.

Chance et souffrances
Dans le regard de Rafika, une détermination propre aux sportifs de haut niveau : « Quand je suis arrivée en France, l’adaptation a été difficile. Je n’arrivais pas à m’exprimer, personnellement et sportivement. Je n’avais jamais habité toute seule. J’ai fait plusieurs fois ma valise… Mais je ne voulais pas partir sur un échec. » En effet, la route est longue vers les succès. Battante dans l’âme, Rafika a très vite compris les sacrifices qu’il fallait faire pour gagner : « Après l’entraînement visible, il y a l’entraînement invisible. Dans la vie de tous les jours, il faut se restreindre, veiller sur son sommeil et son alimentation. Si on se permet des excès, le corps répondra par une blessure. » Et question blessures, la Panthère a déjà donné, en témoigne une douloureuse rupture des ligaments croisés, il y a trois ans. « Ça m’a fait réfléchir à mon avenir. On se dit qu’il faut profiter à fond », se rappelle-t-elle.
Consciente de vivre de sa passion, elle parle volontiers de « chance », « même si on n’a pas les mêmes salaires que les footeux ! ». Malgré son désir d’enfant(s), elle continuera dans le hand après la fin de sa carrière de joueuse. Dans un an, elle deviendra entraîneur. Peut-être qu’elle retournera en Tunisie, un pays pour lequel elle est montée défiler dernièrement, à Paris : « Je suis fière de ce qu’a pu faire mon peuple, car il s’est libéré pacifiquement de vingt-trois ans de dictature. J’espère que ça servira de leçons aux autres pays arabes. La liberté n’a pas de prix… » Dans la bouche de Rafika, ce mot prend tout son sens. Il y a définitivement quelque chose de doux et de touchant dans la personnalité de cette leader d’équipe qui inspire l’exemple sur le terrain. « S’il te plaît, je voudrais que tu passes un petit coucou à mon papa, à ma maman, à mes quatre frères et à ma sœur qui sont loin, et que tu parles de mon autre sœur Houyem, qui est décédée et qui restera toujours dans mon cœur. Et un petit mot à mon fiancé qui est mon premier supporter, s’il te plaît… » Pour l’exemple, difficile de dire non à une Panthère.

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