Le magazine féminin des Orléanaises (depuis 2010)

TOUT-CONNECTÉ : UN PROGRÈS, VRAIMENT ?

INTERNET ET TOUTES LES APPLICATIONS QU’IL ENGLOBE N’EN SONT ENCORE QU’À LEURS BALBUTIEMENTS. DANS LES ANNÉES QUI VIENNENT, LE TOUT-CONNECTÉ DEVRAIT S’IMPOSER PARTOUT, À LA MAISON, AU TRAVAIL, DANS LA VOITURE, SUR LE CORPS… PARTOUT ! UN VRAI PROGRÈS, MAIS AUSSI UNE SOURCE DE PROBLÈMES EN TOUT GENRE DIFFICILEMENT MESURABLES AUJOURD’HUI. C’EST POURTANT MAINTENANT QUE TOUT SE JOUE

Vous n’êtes pas encore adepte du « quantified self » ? Vous n’avez pas de bracelet connecté, ni de balance à tout faire, pour connaître la distance parcourue dans une journée, le pouls, la tension, le rythme cardiaque, la qualité de sommeil et tout le tremblement ? Allez, en cherchant bien, vous connaissez sans doute quelqu’un qui possède ce genre de joujou… Et dans quelques années, vous n’aurez même plus besoin de chercher : le tout connecté est en train d’arriver en force, la vague va tout submerger. Les spécialistes estiment qu’il y aura, en 2020, 80 milliards d’objets connectés, un « objet connecté » étant un dispositif contenant un circuit informatique embarqué et relié à un serveur informatique. De toute façon, des objets connectés, tout le monde en a déjà : smartphones, tablettes, certaines télés. Or, au-delà des mesureurs de rythme cardiaque ou des compteurs de pas, qui tiennent presque du gadget, c’est une autre génération qui s’apprête à entrer dans notre quotidien : voitures, lampes, fauteuils, frigos… Pour quoi faire ? Prenons le frigo, par exemple. Quand vous entamerez la dernière brique de lait, le réfrigérateur bourré de capteurs constatera la fi n prochaine du stock de lait. Alors, il passera commande lui-même, en envoyant cette information au commerçant, ou à la grande surface, connecté(e) de son côté. Le paiement se fera tout seul. Dans votre salon, tout – chauffage, clim’ – passera par la tablette tandis que dans votre voiture, le moindre problème sera immédiatement signalé au mécanicien, le moindre incident aux secours les plus proches… Sans parler des projets de la firme number one, Google, avec sa voiture à pilotage autonome.

RÉPONSES À DES BESOINS… CRÉÉS

Une véritable déferlante qui doit tout à deux facteurs. D’une part : la demande des utilisateurs, véritables addicts aux technologies de l’information et de la communication. Selon Rafi Haladjian, pionnier du numérique en France, « le besoin de connaissances et de communication instantanée n’a jamais été aussi fort : connaître les délais des transports en commun, suivre les itinéraires des colis, savoir où se trouvent les enfants, maîtriser ses déplacements avec un GPS… »

Et comme les puces électroniques coûtent de moins en moins cher, on en met partout, jusqu’à rendre n’importe quel objet « communiquant ». D’autre part : la concurrence acharnée que se livrent les industriels qui, se sentant pousser des ailes, rendent dès lors « communicantes » toutes leurs productions. Entre un frigo normal et un frigo connecté à Internet, lequel croyez-vous que le consommateur choisira ? Même s’il ne s’en sert que pour garder ses denrées au frais, il choisira le connecté… Au travail aussi nous serons cernés : si les applications pour gérer les stocks ou améliorer la communication interne sont déjà là, attendons-nous à nous asseoir sur des chaises de bureau connectées, qui modéliseront notre posture pour la corriger et éviter les douleurs au dos ! Pendant ce temps, notre ordinateur mesurera notre degré d’attention et nous préconisera des pauses ou des adaptations**…

ENCORE PLUS DE PRESSION

Sans tomber dans la paranoïa, il est facile d’imaginer les inquiétudes légitimes qui découleront de toutes ces avancées. Dans le domaine du travail, justement, avec ces ordinateurs « espions » : qu’est-ce qui empêchera l’employeur d’avoir accès aux données recueillies, de mesurer l’attention et l’acharnement au labeur de ses salariés ? Comment éviter des pressions si on mesure le temps de travail, si les employés – trop peu discrets – sont surveillés sur les réseaux sociaux ? Le journaliste Clément Fournier prévient : « Les interrogations sont nombreuses et il est difficile aujourd’hui d’affirmer que le digital sera ou non un vecteur de bien-être au travail. Tout dépendra de la capacité des employeurs à utiliser ces outils pour leurs salariés plutôt que pour la seule performance de leurs entreprises. »** Encore cela reste-t-il dans le monde fermé du travail. Si l’on s’intéresse aux objets connectés dans la domotique ou le « quantified self », on navigue, au mieux dans le fl ou, au pire dans un océan d’écueils…

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