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Votez pour la République du bonheur

Le dernier roman d’Ito Ogawa est un hymne à la vie et aux petits moments qui font du bien. Bien plus efficace que n’importe quel manuel de développement personnel. Comment dit-on Carpe diem en japonais ?

Née en 1973 à Yamagata, Ito Ogawa est une écrivaine japonaise qui a d’abord connu la notoriété pour ses rédactions de chansons et ses livres illustrés pour les enfants. Avec Le restaurant de l’amour retrouvé, son premier roman, publié en 2008 au Japon (2013 en France), elle a obtenu un grand succès auprès des critiques et du public, qui ne s’est pas démenti par la suite (5 livres traduits en français, à ce jour). Avec Ito Ogawa, se pose la question de la différence entre la douceur et la mièvrerie. L’une est réconfortante et apaisante, l’autre dégoulinante et écœurante. Les définitions valent pour la cuisine comme pour la littérature et s’il est une romancière experte pour être l’une (douce) plutôt que l’autre (mièvre), c’est bien Ito Ogawa laquelle, après La papeterie Tsubaki, nous offre une nouvelle succulente friandise intitulée La République du bonheur, qui porte bien son nom. Cette suite (mais pas fin ?) reprend les mêmes ingrédients mais comme pour la confection de plats, tout est dans le dosage et surtout dans le tour de main. Hatoko, l’héroïne du livre, est irrésistible, avec ses doutes, ses blessures passées, son altruisme et sa capacité de jouir du moment présent.

Si elle séduit tant les lecteurs, c’est sans doute parce qu’on l’admire et aussi parce qu’on aimerait lui ressembler, un peu, beaucoup, passionnément.

Pour son art d’écrivain public qui remplace joliment les  psys de tous acabits, pour sa capacité à confectionner des boissons sophistiquées adaptées à toutes les circonstances, pour son aptitude à écouter les autres et à en tirer des leçons de vie.

Il y a chez Hatoko une sérénité que l’on peut envier mais attention, celle-ci n’est pas niaise, elle est même inquiète, en alerte et jamais acquise. Tout comme la République du bonheur n’a rien d’une dictature, elle ne s’offre qu’à ceux qui la recherchent dans les petits moments de joie et de plaisir de la vie.

Pour un programme pareil, la République du bonheur mérite de recueillir tous les suffrages.

Alain Souché

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