Yanosh Hrdy : L’art et la matière

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Après avoir patiemment semé des graines dans le jardin de la France, Yanosh, qui décloisonne les disciplines entre art, mécanique et design, est en train de récolter les fruits de ses efforts. Particulièrement en ce début d’année où il est deux fois dans l’actualité.

Le jour de la saint Valentin, la ville de Rochecorbon a inauguré neuf bancs publics (sur lesquels les amoureux se bécotent) issus d’un projet de création réunissant, sous l’égide de l’agence RCP (Régine Charvet-Pello), lycéens, étudiants, enseignants, entreprises mécènes, partenaires institutionnels et artisans. Parmi ces derniers : Yanosh Hrdy, designer de son état, installé dans un vaste atelier à Saint-Pierre-des-Corps, dans l’ancienne usine Clen (il a aussi un bureau, à Tours). Yanosh a participé à la réalisation de deux des neuf bancs, partie accessible à tous d’un travail qui commence à être bien visible à Tours et dans ses environs. Par exemple, c’est lui qui a conçu et fabriqué, en partenariat avec RCP, la Machine, sculpture et pièce maîtresse qui, après 1 865 heures de fabrication, signe le nouvel espace de co-working du site Mame, inauguré tout récemment en janvier. C’est lui qui a créé le mobilier des salles de sport Elancia, lui encore qui a imaginé la déco du club-house du golf de la Gloriette et l’intérieur du Berlot, nouveau restaurant de Montlouis.

Les défis techniques ne font pas peur à ce bricoleur de luxe +++ : « Ma société, HYH, créée en 2004, est à la fois un studio de design, un bureau d’études et un atelier de construction. Je conçois sur-mesure, de l’objet, du mobilier (NDLR : il développe en parallèle sa propre marque), de la structure décorative, du décor de spectacle, de la machinerie spécifique… » Derrière nous, dans l’atelier, trône une réplique du monoplan Spirit of St. Louis, souvenir d’un décor conçu pour la Française de Comptages, une compagnie de théâtre de rue née avant HYH : « C’est dans le décor de spectacle que j’ai fait mes armes, après des études en design au lycée technique. Puis j’ai bifurqué dans le design pour professionnels et particuliers. »

Acier, inox, bois, composite, verre, plastique : tous les matériaux prennent forme sous ses doigts agiles. La tête aussi est bien pleine. Pour s’inspirer, Yanosh observe tout ce qui se passe autour de lui. La naissance d’une idée ? Difficile à dire. Il faut lire, s’intéresser, se piquer de curiosité. Parfois, les idées surviennent sans sollicitation. « Elles arrivent au réveil, ou juste avant », sourit Yanosh. Mystères de la création…

Sébastien Drouet

Bio express
13 juillet 1972 : naissance à Bourges
2004 : fondation de HYH Créations
2011 : arrivée à Tours
2019 : la Machine, « premier gros chantier où l’on m’a permis de m’exprimer »

Pourquoi pas Tours ?
Yanosh, aux origines tchécoslovaques (ses grands-parents paternels), a grandi à Menetou-Salon dans une famille de potiers-céramistes. Lycéen à Bourges, étudiant en design près de Chantilly (Oise), ce concepteur-né a ensuite rejoint le monde du spectacle. Ce n’est qu’en 2011 qu’il est arrivé à Tours, en provenance du Lot où il avait construit sa maison. Pourquoi Tours ? « Pourquoi pas, répond-il en souriant. C’est central. » Depuis, sa réputation n’a fait que grandir, réalisation après réalisation, les dernières étant de taille à l’installer définitivement dans le paysage tourangeau.