Après le burn-out le bore-out

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Les journées à cent à l’heure, les dossiers à boucler à la dernière minute et l’attente impatiente des congés… Autant de petits frétillements quotidiens que certains salariés, victimes de bore-out, ne connaissent pas.

Être payé à ne rien faire : si certains en rêvent, d’autres en font une grave dépression. Le bore-out, ou « syndrome de l’épuisement professionnel par l’ennui », est un mal qui toucherait près de 30 % des salariés, selon un article publié en 2011 dans La Revue internationale de psychologie et de gestion des comportements organisationnels. Et si cette maladie est aux antipodes du burn-out, ses conséquences sont néanmoins très similaires.

Voyage au bout de l’ennui…

Attendre 18 heures pétantes, le moment de délivrance d’une journée rythmée par un nombre incalculable de préparations de cafés, de photocopies inutiles et de pages Facebook consultées. Si certains croulent sous les dossiers, d’autres passent leur quotidien à bailler aux corneilles. Nommé ainsi pour la première fois en 2007 par Peter Werder et Philippe Rothlin, le bore-out peut faire sourire mais cache une réelle souffrance chez les travailleurs qui le subissent.

Dans une société où l’on valorise sans cesse la suractivité, où l’on demande aux salariés d’être toujours plus productifs, comment accepter que certains ne parviennent pas à remplir leur journée, voire ne fassent rien du tout ? L’épuisement par l’ennui se caractérise en effet soit par un manque important de travail, soit par des tâches routinières dont l’intérêt et la reconnaissance sont inexistants. Outre le fait qu’elle représente une véritable gabegie pour l’entreprise, cette situation engendre chez l’employé un sentiment de honte, d’inutilité et de culpabilité. Tout comme le burn-out, les conséquences peuvent être dramatiques : insomnies, dépression, amaigrissement, dévalorisation de soi…

Un problème, des solutions

En ces temps de chômage et tandis que d’autres triment des heures pour un maigre salaire, il est souvent mal vu de venir se plaindre de l’ennui dont on souffre au bureau. Pourtant, la seule façon de se dépêtrer de cette situation est encore d’en parler.

Dans un premier temps, il est essentiel d’en discuter avec son employeur et de demander davantage de responsabilités ou de faire en sorte de redéfinir le sens de son travail. Changer de service peut également être une solution, mais, si les revendications du salarié restent lettre morte, les formations peuvent être un bon moyen de faire passer le temps tout en développant ses compétences. Cela peut aussi être utile par la suite pour chercher un nouvel emploi plus adapté à ses envies.

Routine intentionnelle

Si le bore-out est la conséquence d’une « mise au placard » volontaire de la part de votre employeur, n’hésitez pas à consulter l’inspection et le médecin du travail.  

M.K.