Jean-Philippe Ballanger, la recette du succès

© Julie Rey © Julie Rey

Digne héritier de Raymond Boulesque, l’inventeur de la crème Jock, Jean-Philippe Ballanger est à la tête de l’entreprise bordelaise. Rencontre avec un chef d’entreprise… et de famille !

 

Il a le regard rieur d’un enfant et le sérieux de sa fonction. Entre deux voyages à l’étranger, Jean-Philippe nous reçoit dans son usine bordelaise, « La seule et l’unique » précise-t-il. C’est ici que sont fabriqués les desserts qui font le succès de la marque. Crème à la vanille, préparation pour cannelés… L’usine tourne à plein régime. Lors des dernières journées du patrimoine, Jock a ouvert les portes de son atelier… « Nous avons reçu près de 3 000 visiteurs », s’enthousiasme le PDG. De quoi mesurer l’attachement des Bordelais à cette entreprise du cru. Réputée pour sa crème à la vanille, Jock doit son succès à une recette élaborée par Raymond Boulesque. « Tout a commencé à Bordeaux en 1938. Mon arrière-grand-père maternel, qui était chimiste de formation, a lancé un produit précurseur : une crème avec 30 % de sucre en moins », annonce celui qui tient désormais les rênes de l’entreprise. C’est avec une certaine fierté que Jean-Philippe présente son entreprise comme « la dernière entreprise familiale française connue encore à capitaux familiaux ». Son arrière-grand-père, son grand-père, son père… tous y sont passés avant lui.

Elevé au Jock

« La crème à la vanille, on en mangeait beaucoup. J’adorais l’odeur », se souvient Jean-Philippe. Tout petit déjà, il s’intéressait aux secrets de l’entreprise. « Mon père me racontait ses journées à l’usine. » De quoi le préparer pour la suite ? Une chose est sûre, l’usine est une formidable source de souvenirs. « C’est une machine à remonter le temps. » Des « images très artisanales de réception de sucre » aux 400 coups avec son cousin où « on passait derrière les ouvriers et on piquait du sucre ». Quelques années plus tard, il mettra la main à la pâte. « À 15 ans, je bossais déjà dans la boîte sur les chaînes de production. » Son bac B en poche, Jean-Philippe intègre l’INSEEC. Après une expérience en dehors du giron familial, il répond favorablement aux appels du pied de son père et intègre le service marketing de Jock. Ce sera donc lui qui succédera à son père. Pourtant dans la famille, ils sont trois frères. Si ses deux frères ont aussi travaillé pour l’entreprise, c’est le seul rescapé, toujours à la barre du navire.

À ses côtés, il peut compter sur son épouse, ingénieure agroalimentaire pour… Jock ! La famille encore et toujours… Et pour la suite ? Jean-Philippe ne veut rien imposer. « J’ai cinq enfants dont deux en bas âge, mais je ne veux forcer personne. Contrairement à mon père qui nous avait un peu poussés. » Mais il ne regrette rien et il a raison. « Cette année, nous allons atteindre les 30 millions de chiffre d’affaires*, ce qui nous permet d’embaucher tous les ans. On est passé de 15 à 70 salariés. » La petite entreprise bordelaise ne connaît pas la crise et s’exporte : Europe du Nord, Belgique… et les Etats-Unis ! Mais avant de partir à la conquête du monde, la famille Ballanger prépare Noël. « Ce sera forcément en famille », s’enthousiasme Jean-Philippe. Et pour le dessert ? « Il y aura certainement des cannelés et des babas au rhum Jock… » reconnaît-il. Avant d’ajouter, en bon chef d’entreprise, que « la boutique éphémère Jock sera ouverte sur le Quai des marques jusqu’au 6 janvier »…

* Sur les activités de Jock et de la filière « marques distributeurs