Témoignage : Jamais sans ma sœur

Anais-Lucile-edith

Jamais très éloignées l’une de l’autre depuis leur enfance, Lucile et Anaïs Groisy ont trouvé le moyen de se rapprocher davantage en travaillant ensemble dans le design. Mais une autre passion les rassemble : tandis que la benjamine dessine des carnets de voyage, l’aînée écrit les textes qui les accompagnent…

Anaïs, 30 ans, et Lucile, 32 ans, deux sœurs orléanaises, ont en commun la passion des voyages. Leur premier périple les a entraînées au Japon, en 2010, à la faveur d’une Bourse du Mérite octroyée par l’Université à la plus jeune : « Nous sommes parties toutes les deux en sac à dos, Lucile avait tout planifié. » Avant de poursuivre la discussion, Anaïs précise les choses : des deux, c’est sa sœur aînée qui a la tête sur les épaules et qui maîtrise le mieux l’organisation des séjours – elle en a d’ailleurs fait son métier. Après le Japon, plusieurs expéditions ont suivi, chacune étant narrée dans un carnet de voyage dessiné et mis en page par Anaïs, mis en texte par Lucile. La plupart de ces carnets sont auto-édités ; tout un pan dévolu à la plus grande qui, diplômée en gestion et économie, se révèle être un sérieux appui administratif et commercial pour sa petite sœur, graphiste et designer de profession, illustratrice par passion.

Une belle complicité, qui remonte à… toujours. « Quand on était enfants, on s’habillait pareil, comme des sœurs jumelles », se souvient Anaïs. Il y a tout de même eu une tension, à l’adolescence, quand leurs parents ont accepté pour l’une ce qu’ils avaient refusé deux ans auparavant pour l’autre, à savoir une formation en arts appliqués. « Je l’ai très mal vécu, admet Lucile. J’ai arrêté tout ce qui était créatif et je me suis un peu éloignée de ma sœur, même si elle n’y était pour rien… » Elles se rapprocheront plus tard, quand le voyage au Japon les convaincra définitivement de leur complémentarité. « Anaïs est tête en l’air, elle n’aurait jamais pu s’en sortir là-bas (rires) ! En revanche, elle est moins timide que moi, elle a son petit grain de folie… »

Anaïs résume en une formule le lien qui les attache : « Ma mère est ma sœur et ma sœur est ma mère. Quand je faisais une bêtise, ma mère rigolait alors que ma sœur se mettait en colère. C’est resté. Elle me surveille gentiment… » La responsabilité de l’aînée, même avec si peu d’écart ! « C’est plus fort que moi, il faut que je jette un coup d’œil, on ne sait jamais, avoue Lucile. C’est comme ça. Si on était deux bordéliques, ça ne pourrait pas fonctionner, si on était aussi sérieuses l’une que l’autre, on ne se lancerait pas dans nos projets. » Lucile sait aussi qu’elle peut compter sur sa petite sœur pour l’aider à surmonter des moments personnels difficiles. « Des épreuves qui la rendent plus forte », déclare de son côté Anaïs, admirative…

En avril, elles retourneront au Pays du Soleil levant. Le même voyage, dix ans après, mais avec un groupe qui apprendra à réaliser des carnets de voyage. Avant cela, en décembre, un carnet sur la Loire à vélo (Orléans-Saumur) aura rejoint notamment les présentoirs de l’office de tourisme d’Orléans…

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Sébastien Drouet